1)Le référendum du 29 mai et son résultat méritent une réflexion de fondJe voudrais m'interroger icisur l'utilisation même du référendum dans notre démocratie
2) Le défaut majeur du TCEe est qu’il n’y avait pas de sujet central qui aurait permis de résumer le débat. Pour le traité de Maastricht, la question était assez claire : êtes vous pour la mise en place d’une monnaie commune ? On pouvait bien sur dire non en étant pour une monnaie commune et contre les modalités, mais c’était assez clair, et la réponse sur les modalités consistant à dire que c’était le compromis pour avoir l’objectif était légitime.
3) Ici, pont d’objectif clair et unique. Le discours sur le compromis devient alors inacceptable : pourquoi accepter un recul sur certains points alors qu’on ne voit pas quel objectif cela sert ?
4) Faute d’objectif clair et unique, les dirigeants politiques, en particulier les gouvernants, se sont mis dans une attitude de « si vous êtes pour l’Europe, faites nous confiance », en escomptant ainsi avoir 2/3 de oui, une fois exclus les souverainistes et anti-européens de droite et de gauche. En réalité, environ 20% des électeurs plutôt pro européens se sont joints aux 35% plutôt anti- européens pour faire une majorité pour le non. Et en toute logique : puisque je n’ais pas confiance dans ces hommes qui font appel à ma confiance, je regarde le texte avec une lecture « défiante » et j’y trouve des éléments pour conforter ma défiance, quitte à déformer le sens du texte (par exemple sur l’OTAN ou sur l'avortement).
5) Il est à cet égard remarquable de voir qu’ont progressivement émergés pour défendre le Oui, des hommes comme Olivier Duhamel, Barnier, Bourlanges ou Cohn Bendit. Hommes politiques ne pesant pas dans les appareils de leur parti respectif (au point que le PS n’a pas repris O Duhamel sur sa liste aux européennes, honte à lui) , mais qui manifestement croyaient au texte et le connaissaient.(contrairement aux leaders politiques qui montraient tous les jours leur ignorance dans ce domaine !)
6) Le parti socialiste, dans l'opposition et ayant organisé le débat en son sein, ce sont les thèmes auxquels étaient sensibles les militants socialistes qui ont dominé la campagne. Si la gauche avait été au pouvoir et que l’UMP avait fait un référendum en son sein, ce serait d’autres thèmes qui aurait dominé la campagne (La Turquie, pourquoi pas la peine de mort ou l’immigration, voir aussi les thèmes développés par ce "..." de De Villiers, mais le non aurait sans doute gagné.
7) La conclusion que j’ais eu du mal à admettre, parce que je trouvais que c’était démocratique et qu’on a vraiment causé du sujet, c’est qu’il ne fallait pas faire un référendum sur ce traité ! A l’examen, il était impossible de scinder le sujet, par exemple pour centrer sur l’objectif d’une Europe politique (ministre des affaires étrangères et défense commune)
8) Par contre, et les réactions des électeurs le prouvent, il a manqué un référendum il y a 5 ou 6 ans sur l’élargissement, question claire s’il en est, à l’image du référendum de 72 sur l’entrée de l’Angleterre, de l'Irlande et du Danemark (Merci Damien)
Gérard BARDIER
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Commentaires