L'association

 

Générations Europe s'est constitué en association et a désigné son bureau, constitué de

Marc d'Héré (Président), Martine Bidegain, Elisabeth Boyer, Maryline Lugosi, Gérard Bardier, Gabriel Cohn Bendit et Gilles Norroy

Parmi les premiers signataires de l'Appel:

Christian BLANC (Energies Démocrates), Jean Marie BOCKEL (Gauche Moderne, PS), Daniel COHN BENDIT(Verts), Philippe HERZOG (Confrontations),Bernard KOUCHNER (Réunir, PS) Corinne LEPAGE (CAP 21),Nicole NOTAT, Marielle de SARNEZ(UDF), Lionel STOLERU (MRG)

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Innovation, croissance, emploi

Samedi 25 juin 2005

La première réunion du groupe 3 a eu lieu mardi 21 juin et regroupait 7 participants malgré la fête de la musique.

 

La France a voulu lutter contre le chômage en défendant les emplois existants, au détriment de ceux qui n’en ont pas (chômeurs, jeunes, précaires…) . La priorité doit être donnée à la création d’emplois, donc à la croissance. Celle-ci doit, dans un pays développé comme la France, s’appuyer sur l’innovation.

D’où le titre du groupe.

Le but du groupe ne sera pas d’inventer des solutions, mais de recenser les idées déjà émises et de défendre celles qui lui paraîtront les plus judicieuses. Il est probable que le problème est plus une question de courage politique que de recherche d’idées adaptées.

Nous avons convenu de commencer par faire un état des lieux débouchant sur un premier diagnostic publié vers le 15 octobre. Nous tiendrons compte des réactions parues avant le 15 novembre pour un document final. La recherche de solutions débouchera sur des propositions pour la fin janvier, puis un texte final pour la fin février. Nous souhaiterions pouvoir présenter ces conclusions lors d’un colloque parisien puis pourquoi pas dans d’autres villes entre mars et juin, pour une éventuelle publication en septembre 2006.

Nous comptons beaucoup sur le site Internet pour recueillir les avis de ceux qui ne peuvent participer aux réunions.

La prochaine réunion est programmée le mardi 12 juillet à 19h au 4 place de Valois, Paris 1er.

Gérard et Jean Yves préparent un premier état des lieux, respectivement sur l’emploi et sur la recherche.

Les réunions suivantes sont prévues les mardis 13 septembre et 11 octobre.

 

Gérard BARDIER, animateur du groupe 3

Par Gérard BARDIER
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Mardi 28 juin 2005

Les résultats de notre économie se dégradent de manière inquiétante, à l'image de notre commerce extérieur. L'emploi ne peut qu'en pâtir.

Passer à une économie de l'innovation, comme le propose la stratégie de Lisbonne, demande de modifier le lien entre la recherche et l'économie, comme l'a montré l'an dernier le député Christian Blanc dans son rapport sur les pôles de compétitivité. Ce dernier dépose aujourd'hui un projet de loi sur le sujet.

Hier, P Kourislki annonçait sa démission de son poste à la direction de l'institut Pasteur. Il  avait fait l'objet d'une violente contestation interne. On lui a notamment reproché de vouloir faire progresser les chercheurs au mérite et non plus à l'ancienneté...

Gérard BARDIER

 

 

Par Gérard Bardier
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Jeudi 7 juillet 2005

Le Monde du mercredi 6 juillet commente sur toute une page l’évolution inquiétante de la dette française : essentiellement celle de l’Etat (plus de 80% du total), mais aussi celle des administrations de sécurité sociale  et autres organismes (régime général, Unedic…) et des collectivités locales.

En proportion du PIB, la dette publique est passée de 56 % en 2001 à  64.7 % en 2004 et pourrait dépasser 67 % en  2007. Sous le quinquennat de Chirac, elle progresserait de près de 10 points de PIB. En milliards d’euros, elle est passée, d’après le schéma publié par le Monde,  de moins de 100 en 1978 à 400 en 1992,  700 en 1997 et plus de 1000 en 2004.

 

Il faut se rappeler qu’un déficit public n’entraîne pas forcément une augmentation de la dette, du moins si on l’exprime en pourcentage du PIB. Un petit exemple illustrera cette idée. Si le PIB fait 100 en année N, que la dette est de 50, elle représente 50 % du PIB. Si celui-ci augmente de 4% sur l’année, du fait de la croissance et de la hausse des prix, et que le déficit est de 2 soit 2% du PIB, l’année n+1 verra une dette de 50+2 soit 52, soit aussi toujours 50% du PIB qui est devenu 104. Si la dette publique  augmente en % du PIB, c’est que le déficit est particulièrement élevé.

 

Souvent, le déficit public est présenté comme un outil de soutien ou de relance de l’activité. Ce point de vue, s’appuie sur les études de Keynes, mais en oublie deux éléments majeurs :

Le premier est que  le déficit n’est pas en soi un outil de relance de la demande et de l’activité, c’est son augmentation (si elle provient d’une augmentation des dépenses, et de façon moins automatique, si elle provient d’une diminution des impôts) qui a cet effet.

 

Le second est que Keynes proposait d’augmenter les dépenses pendant les périodes de récession, pas pendant les périodes de croissance. La conclusion adoptée avec succès par certains pays, consiste à réduire le déficit et produire  des excédents en périodes de croissance pour prolonger celles-ci en évitant les phénomènes de surchauffe, et  à laisser filer les dépenses et les déficits pendant les périodes de récession pour réduire la force et la durée de celles-ci. C’est ce qu’on fait les USA et le Royaume Uni dans les périodes récentes. Ces politiques contra cyclique expliquent que la Grande Bretagne de Tony Blair connaisse la plus longue période de croissance depuis que la statistique existe c'est-à-dire le début du 18ème siècle. Elles se traduisent également par une dette contrôlée, les excédents de certaines années compensant en partie les déficits d’autres années, la logique de comparaison avec le PIB faisant le reste.

 

La France, au contraire, n’a que peu réduit son déficit pendant sa période de croissance (entre 1997 et 2001) et ne l’a que peu augmenté en période de récession depuis. La politique budgétaire a été en réalité pro cyclique, accentuant la surchauffe en 2001  et accélérant l’arrivée de goulots d’étranglements (donc poussant à la hausse des prix), puis renforçant la récession qui a suivi. La comparaison avec la Grande Bretagne est révélatrice : même niveau de déficit en 1997 et en 2004, mais entre les deux, remontée à un excédent d’un coté, maintien d’un déficit de l’autre. Au total, la Grande Bretagne a mieux favorisé la croissance et a accumulé moins de dette que la France : entre 1998 et 2004, la dette française augmente de 6.1 %, la dette britannique baisse de 6.1 %. 

 

Pourquoi cette politique ? En 1997/1998, la reprise est favorisée par trois phénomènes qui tous poussent à la croissance : la hausse du dollar, la baisse des taux d’intérêts, la chute des prix du pétrole. Pendant trois ans, L Jospin et DSK gèrent les finances publiques de manière raisonnable. L’augmentation des recettes générée par la croissance se traduit par une diminution du déficit de 2 points du PIB. La courbe est alors parallèle à celle de nos voisins britanniques. A partir de 2000, les choses se gâtent. DSK quitte le gouvernement et son premier successeur Christian Sauter n’a pas la même légitimité pour défendre la rigueur budgétaire. Jacques Chirac pousse au crime en révélant l’existence d’une « cagnotte ».. A l’approche des élections, tout le monde (députés, lobbys et corporatismes de toutes sortes) se bat pour obtenir des dépenses supplémentaires et Laurent Fabius fait baisser les impôts. Au final, le déficit Français se stabilise quand celui des anglais disparaît pour faire place à un excédent.

En résumé, c’est l’Angleterre, affublée de son étiquette ultra libérale, qui a fait une politique macro économique keynésienne. La France a fait, elle, une politique simplement stupide avec  l’approbation de presque tous.

 

Qu’un responsable au plus haut niveau ait pu parler de cagnotte quand le déficit s’est rapproché de deux pour cent du PIB, sans que cela provoque de réactions scandalisées ou même l’hilarité chez les commentateurs, en dit long sur la culture économique de notre pays. Il ne faut pas s’étonner alors que la France considère les critères de Maastricht (qu’elle a pourtant approuvé) comme trop contraignants et illégitimes.

 

La préoccupation permanente de la quasi-totalité de nos élus est de proposer des dépenses supplémentaires. Ils sont les premiers à empêcher le ministère des finances, la Poste de se réformer parce que cela se traduit par une suppression d’emploi locale. Ils vont se battre, tous partis confondus, pour proposer telle ou telle dépense (ou réduction d’impôt) au bénéfice de la corporation qui les soutient ou refuser telle économie sur leur territoire.

 

Le résultat est devant nous : une dette qui s’accumule très dangereusement, une croissance qui s’alanguit, un chômage dont on ne voit pas la fin, des droits sociaux qui n’étant plus financés ne sont plus que des chèques en bois ou des droits de tirage sur la génération suivante.

 

Comme rien n’indique que ce gouvernement veuille affronter cette réalité, la dette va continuer à croître. Jusqu’à ce que les français acceptent de regarder les réalités en face, ou jusqu’à ce que la crise économique les oblige à le faire. Plus on attend, plus cela sera dur. Il est possible que le plan de rigueur de 1983 paraisse rétrospectivement une douceur à ce moment là !

 

Gérard Bardier

Par Générations Europe
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