L'association

 

Générations Europe s'est constitué en association et a désigné son bureau, constitué de

Marc d'Héré (Président), Martine Bidegain, Elisabeth Boyer, Maryline Lugosi, Gérard Bardier, Gabriel Cohn Bendit et Gilles Norroy

Parmi les premiers signataires de l'Appel:

Christian BLANC (Energies Démocrates), Jean Marie BOCKEL (Gauche Moderne, PS), Daniel COHN BENDIT(Verts), Philippe HERZOG (Confrontations),Bernard KOUCHNER (Réunir, PS) Corinne LEPAGE (CAP 21),Nicole NOTAT, Marielle de SARNEZ(UDF), Lionel STOLERU (MRG)

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Mardi 21 novembre 2006

La croissance sera-t-elle un thème majeur de la campagne électorale ? En tous les cas, avec la désignation de a candidate socialiste,  la publication des programmes de l’UMP et de l’UDF, on commence à avoir une idée de ce qui sera proposé aux français.

Les résultats économiques récents de la France n’incitent en effet pas à l’optimisme. Verel a montré que la croissance française était depuis le début de 2005 inférieure d’environ 0.15% par trimestre à celle de l’Allemagne et de 0.2% à celle de la moyenne de la zone euro ou de l’UE à 15.

Dans sa chronique hebdomadaire, Eric le Boucher analyse les causes de ces difficultés et pointe le doigt sur les difficultés de l’industrie, en stagnation depuis 2000, avec une baisse de 15% de l’industrie automobile, l’un des secteurs les plus importants de notre économie.

Dans le même temps, les nouvelles de la construction, le secteur le plus dynamique depuis quelques années, montre que dans ce domaine on est arrivé à un palier, et qu’il y a même le risque d’une baisse.

Pierre Bilger salue cette analyse alors que Olivier Bouba Olga dit l’inverse.

Les dix engagements de l’UMP publiés le 14 novembre parlent de « gagner la bataille de l’intelligence » (engagement 8) notamment par une réforme de la gouvernance des universités et l’instauration d’un contrat de recherche d’une durée d’au moins 5 ans pour les chercheurs et les post doctorants.

Comme l’UMP, l’UDF veut libérer l’emploi en assouplissant les 35 heures. Parmi ses propositions figurent aussi des aides aux PME et le transfert de certaines charges du travai vers l’ensemble des revenus. Pas un mot par contre sur l’innovation et les pôles de compétitivité : C Blanc n’a pas été entendu dans le groupe auquel il est apparenté.

Le parti socialiste en fait le premier chapitre de son projet, en proposant de relancer la croissance par l’innovation et le pouvoir d’achat. Il veut encourager l’innovation par « une politique industrielle, avec des pôles de développement associant universités, centres de recherche  entreprises et régions, créer un fonds public de capital risque, et promet d’augmenter de 10%  le budget de la recherche. A coté de ces mesures on trouve aussi l’habituelle litanie sur la relance du pouvoir d’achat ou le rôle des services publics.

En résumé, à droite, les programmes ne donnent pas le sentiment d’être à la hauteur des problèmes et à gauche, les bonnes intentions à noter sont noyées dans un projet qui garde de nombreuses illusions (je pense ici à l’idée d’abroger la loi Fillon) et continue à vouloir intervenir à tort et à travers dans la vie des entreprises.

Il reste à tous quelque mois pour améliorer la copie !

par Gérard Bardier publié dans : Innovation, croissance, emploi
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Dimanche 2 avril 2006

A l’occasion du débat sur le CPE, le besoin de transformer le droit du travail est reconnu par des adversaires du CPE. L’idée du contrat unique, développée initialement par le rapport Camdessus puis par Cahuc et Kramarz, est proposée par de nombreux intervenants. Bernard Brunhes, du cabinet BPI, note ainsi dans Libération du 28 mars : « Je crois qu'une réforme est nécessaire et je suis personnellement partisan d'un contrat unique. Mais cela ne peut se faire sans modifier de manière sérieuse la gestion du marché du travail en France. Les pays scandinaves l'ont compris en «échangeant» une flexibilité accrue et nécessaire selon moi, contre un effort considérable d'accompagnement personnel de tous ceux qui sont en difficulté sur le marché du travail, étudiants, chômeurs ».  Thomas Piketty , économiste, exprimait la veille dans le même journal la même idée, sous une forme un peu différente,: « la généralisation d'un nouveau contrat unique à durée indéterminée, doublé d'une véritable sécurité sociale professionnelle …est un objectif dans le fond partagé par tous les responsables politiques et syndicaux ». Mais il ajoute « quelle que soit la méthode retenue, une telle réforme se heurtera presque inévitablement à des ayatollahs qui y verront une flexibilisation de l'actuel CDI et l'avènement du «droit de licencier».  

 

Le nombre élevé de précaires en France est la conséquence d’un droit du licenciement trop contraignant, qui contribue à la fois au développement de la précarité et à celui du chômage. La question est donc de savoir comment aller vers la solution de bon sens sans être bloqué par les ayatollahs dont parle Piketty

 

La première condition pour réduire le chômage est d’abord de retrouver le chemin de la croissance, par la mise en place de la stratégie de Lisbonne, celle de la société de la connaissance, à travers des pôles de compétitivité respectant les principes proposés dans son rapport par Christian Blanc et non le centralisme bureaucratique que pratique le ministère de l’industrie.

 

Si la croissance reprend, elle se heurtera rapidement aux tensions sur le marché du travail qui étaient apparues fortement à la fin de la période favorable 1998/ 2001. On considère que le chômage structurel est de l’ordre de 9%. Il existe donc un chômage conjoncturel de l’ordre de 1% . Cette situation s’est traduite par une diminution depuis 2002 du nombre d’entreprises déclarant rencontrer des difficultés de recrutement. Un auteur comme jean Pisani Ferry avait montré à l’époque que le chômage structurel pouvait baisser d’un demi point par an en période de reprises. Il faut mettre en place les conditions pour faire baisser plus rapidement ce chômage structurel, pour ne pas freiner et stopper la croissance. Ces conditions, ce sont un système plus incitatif à la recherche d’emploi et un système qui organise de manière plus active le passage des métiers en sur effectifs vers les métiers en tension.

 

La méthode de changement me parait donc être devoir suivre les trois temps suivant

 

-          mise en place d’un système favorable à l’innovation et à l’emploi

 

-          renforcement du système de formation permanente et d’accompagnement à la mobilité

 

-          transformation du droit du travail vers un contrat unique et des licenciements à la fois plus faciles et plus chers  

 

Le délai entre la première étape et la troisième doit être suffisamment long pour donner confiance aux acteurs dans la reprise et suffisamment court pour que la croissance ne soit pas freinée par les tensions sur l’emploi.

 

Le gouvernement à eu trois torts :

 

Prendre les choses dans le mauvais ordre

 

Ne pas s’attaquer au cœur du problème et faire porter la contrainte sur les premières victimes de la précarité

 

Ne pas impliquer les partenaires sociaux, patronat et syndicats.

Gérard Bardier
par Générations Europe publié dans : Innovation, croissance, emploi
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Lundi 20 mars 2006

Initiative Européenne et Sociale » et « Générations Europe » tiendront une
réunion débat commune, le mercredi 22 mars à 19 heures au 4, place de Valois
75001 Paris.
Les adhérents de ces deux organisations, et plus largement les lecteurs de
nos deux blogs et leurs amis, sont conviés à cette réunion qui  aura pour
thème: « CNE, CPE, Contrats emplois jeunes, contrats seniors.les vraies
solutions sont-elles là ? »
Je suis chargé d'introduire le débat. Voici ci dessous ce que j'ai préparé:

Je ne sais pas si la date choisie pour cette réunion est un hasard ou se veut symbolique. En tous les cas, les facultés se mettent en grève les unes après les autres et les manifestations regroupent de plus en plus de personnes.

 

Comme souvent dans notre pays, une réforme touchant les jeunes suscite la polémique et les arguments entendus de part et d’autres ne contribuent pas spécialement à la clarté d’un débat devenu essentiellement un échange d’affirmations péremptoires.

 

L’article de Marc d’Héré publié par les blogs de Générations Europe et de l’Initiative Sociale et Européenne propose de sortir de cet affrontement par un triptyque négociation / amélioration des garanties et évaluation.

 

Ce n’est pas cependant cette idée que je voudrais conserver de son article, mais celle qui consiste à relativiser l’importance de cette loi qui n’est, je cite, ni l’horreur absolue, ni la panacée. La France a l’art de se créer des psychodrames sur des sujets qui ne le mérite vraiment pas. Il est probable que cette loi si elle n’est pas retirée, aura un impact assez minime sur l’emploi des jeunes.

 

Cette différence entre les enjeux réels de la loi et les mouvements qu’elle soulève me fait penser à ce qu’écrit Christian Blanc  dans « la croissance ou le chaos » (au passage, j’encourage tout le monde à le lire !) à propos justement des réformes difficiles qu’il propose. Il rapport que son prédécesseur chez Air France avait fait un plan prévoyant 5% de gains de productivité qui avait mis la compagnie à feu et à sang : les salariés n’étaient pas près à faire des efforts et des sacrifices pour un plan qui n’était pas à la hauteur des problèmes de la compagnie. Lui-même a présenté un plan prévoyant 30% de gains de productivité et a obtenu 80% de soutiens à ce plan lors d’un référendum interne, parce que ce plan était à la hauteur du problème. La situation me semble identique aujourd’hui.

 

Dans son article de Samedi dans le Monde, Eric le Boucher note « une mauvaise réforme peut chasser les bonnes ». Et il poursuit un peu plus loin « voilà le comble : les étudiants et les jeunes qui sont les exclus du monde du travail (ils sont les « out » des économistes) vont défiler avec les syndicats des « un », ceux de la fonction publique et de l’emploi à vie, qui bloquent toute évolution au nom d’une pseudo résistance contre l’ultra libéralisme et la précarité »

 

Plus loin, « Le CPE est mieux qu’un stage et moins bien qu’un CDI,Il est bénéfique pour les faibles qualifications et il est éventuellement menaçant pour les diplômés qui avaient une entrée directe et entière dans l’emploi. D’où sa ma construction, son ambiguïté, porte ouverte à toutes les critiques, vraies et fausses, et à toutes les manœuvres politiques.

 

Pour revenir à notre débat, il me semble que le CPE en lui-même ne mérite pas deux heures de cette noble assemblée mais qu’il pose trois questions qui toutes les trois mériteraient un long débat mais que je vous propose d’aborder ce soir.

 

La première question concerne évidemment la question du droit du travail et de sa réforme éventuelle. Il y a généralement face à face deux théories opposées.

 

La première souhaite un droit du travail le plus protecteur possible et s’oppose à toute remise en cause. On sent que certains de ses partisans voudraient le statut de la fonction publique pour tous. Il est vrai que beaucoup d’entre eux ne connaissent réellement que ce système là. D’autres voudraient interdire les licenciements. Sans aller jusque là, cette théorie amené le gouvernement de la précédente législature a faire voter la loi dite de modernisation sociale, loi qui rendait juridiquement peu sure toute procédure de licenciement et qui a conduit à donner aux plans sociaux le nom de plan de sauvegarde de l’emploi. L’absurdité de ce nom me parait assez révélateur d’un système qui a force de nier la réalité de la transformation des entreprises a conduit au développement d’un système à au moins deux vitesses, avec des salariés très protégés d’un coté et des salariés très précaires de l’autre.

 

La deuxième théorie consiste au contraire à estimer que le manque de flexibilité du marché du travail est l’une des causes majeures du chômage. Il faut donc faire sauter les freins à la mobilité entre emplois ou entreprises que constitue une réglementation trop complexe. Les adversaires de cette théorie font remarquer que la France dispose déjà de nombreux instruments de flexibilité, en omettant de préciser que cette flexibilité se concentre sur une partie de la population.

 

La position du gouvernement ne se  raccorde pas explicitement à cette théorie puisqu’elle prétend diminuer la précarité des jeunes les moins qualifiés, mais cette prétention ne fait que souligner ce que lui reproche certains de ses adversaires, à savoir le caractère flou de ses motivations.

 

Cependant, notre droit du licenciement n’est évidemment pas satisfaisant, ne serait ce que parce qu’il consacre (ou produit selon le point de vue de chacun) un système à plusieurs vitesses, avec de grandes différences entre ces vitesses. Des rapports récents ont donné des pistes pour le transformer. L’idée développée par Pierre Cahuc et André Zylberberg d’un contrat unique est celle qui semble la plus cohérente. On se demande pourquoi le gouvernement a pris le problème dans ce sens mais il se chuchote qu’il a dans ses cartons une vaste réforme du droit du travail.

 

Je reste persuadé, comme j’ai pu l’écrire sur le blog de générations Europe, qu’il faudra un jour simplifier ce système et le rendre plus incitatif au travail. Mais je suis aussi convaincu que cela ne peut se faire qu’à l’occasion et pour renforcer une dynamique de création d’emploi. C’est ce que fait aujourd’hui Tony Blair en essayant de remettre au travail une population qui en avait été écarté à l’occasion des grandes restructurations de la fin des années 80 et qu’on avait de fait dispensé de recherche d’emploi sous le prétexte d’incapacité physique.

 

Cela introduit ce qui me semble la deuxième question qui est celle de la création d’emploi et donc de la croissance. Depuis que le chômage a dépassé les deux millions, c'est-à-dire depuis pratiquement 25 ans, notre pays oscille entre la recherche d’une croissance par la consommation, l’attente d’une conjoncture plus favorable et la mise en place d’emplois de substitutions, qu’on les appelle TUC, emplois jeunes ou autres. Certaines actions n’ont servi qu’à corriger les plus grandes dérives : je pense en particulier au plan de rigueur Delors Mauroy de 1983. N’est il pas temps de s’occuper de mettre en place résolument les conditions de la croissance ? Celles qui ont été proposées dans ce qu’on appelle la stratégie de Lisbonne, autour de l’économie de la connaissance et dont les modalités pratiques ont été définies pour la France par Christian Blanc.

 

Je finirais par la troisième question, celle du rôle respectif de l’Etat et des partenaires sociaux dans l’organisation des rapports sociaux. On ne répétera jamais assez que l’intervention permanente de l’Etat dans le domaine social ôte toute légitimité aux organisations syndicales et explique pour quoi la France est le pays d’Europe à avoir le plus faible taux de syndicalisme. Dans ce domaine, l’attitude du gouvernement dans l’affaire du CPE est particulièrement inadmissible.

Gérard Bardier

par Générations Europe publié dans : Innovation, croissance, emploi
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