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Générations Europe s'est constitué en association et a désigné son bureau, constitué de
Marc d'Héré (Président), Martine Bidegain, Elisabeth Boyer, Maryline Lugosi, Gérard Bardier, Gabriel Cohn Bendit et Gilles Norroy
Parmi les premiers signataires de l'Appel:
Christian BLANC (Energies Démocrates), Jean Marie BOCKEL (Gauche Moderne, PS), Daniel COHN BENDIT(Verts), Philippe HERZOG (Confrontations),Bernard KOUCHNER (Réunir, PS) Corinne LEPAGE (CAP 21),Nicole NOTAT, Marielle de SARNEZ(UDF), Lionel STOLERU (MRG)
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Les institutions de la 5ème République favorisent la pérennité de l’organisation droite gauche
Par le mode de scrutin uninominal d’une part, qui favorise les grands partis et les coalitions : c’est ce scrutin qui a poussé à l’union de la gauche.
Plus récemment par le financement des partis politiques, qui donne une prime aux partis installés et qui refroidit l’ardeur d’éventuels scissionnistes : ceux si abandonneraient en même temps que leur parti leur source de financement et donc de capacité d’action, Mégret a pu s’en apercevoir.
Ce système rend difficile le développement de nouveaux partis (il est vrai que ce n’est pas cela qui manque…) et surtout la création de nouvelles coalitions.
Le système proportionnel pour les européennes avec une liste nationale, a donné l’occasion aux Verts d’émerger : l’évolution récente de ce mode de scrutin interdit à l’avenir ce genre de réussite.
L’élection présidentielle parait comme la seule occasion pour faire bouger le système, mais la seule réussite dans ce domaine est celle de Giscard qui a réussi à supplanter les gaullistes (sans que cela soit pérenne pour l’UDF). L’élection de Chirac contre Balladur montre l’importance de tenir le parti, ce que Sarkozy ou Fabius ont bien compris.
Nous ne devrons pas négliger ces réalités si nous voulons changer la donne. Quel député sortant prendra le risque de rompre avec la coalition qui lui a permis d'être élu?
Cette analyse ne m’a pas empêché d’adhérer, il y a 3 ans, à un parti ultra minoritaire, Energies Démocrates, ayant cependant la chance d’être dirigé par une personnalité exceptionnelle, Christian Blanc.
C’est que nous pensions alors que notre pays était en train d’aller vers une crise profonde, que l’approche de cette crise exigeait un changement radical de politique et serait aussi l’occasion de rebattre les cartes. Les scrutins du 22 avril 2002 et du 29 mai 2005 ont bien sûr conforté notre analyse.
Nous avons l’habitude de décrire le paysage politique sous la logique droite/ gauche traditionnelle. Pourtant tous les sondages montrent que les français ne savent plus donner un contenu à ces définitions. Les nouveaux partis, et cela a été particulièrement le cas de la mouvance écologiste, ont du mal à se situer dans ce système. Les élections, et en particulier les européennes, montrent une volatilité de plus en plus grande de l’électorat. A titre d’exemple, les trotskistes ont fait 10% des voix aux présidentielles de 2002 et 2% aux législatives qui ont suivi !
Je propose depuis longtemps une autre description, suivant la manière dont les partis se positionnent face au changement : veulent ils réformer la société pour la faire progresser au service des citoyens, sont ils de fait des partisans de l’immobilisme ou nous proposent ils de revenir en arrière vers un passé mythique (c’était mieux avant) ?
Dans ce contexte, les plus réactionnaires (au sens le plus classique du terme) ce sont bien sur les partisans de Le Pen mais aussi ceux de l’extrême gauche. Et les deux paris dominants que sont le PS et l’UMP sont tentés par l’immobilisme. Au sein du PS, un DSK est sans doute un réformiste mais que dire d’un Emmanuelli ? Si Sarkozy est si populaire, c’est aussi parce qu’il est capable de bousculer les a priori. Si son populisme m’insupporte, il faut reconnaître qu’il sait remettre en cause utilement les a priori, comme par exemple sur la discrimination positive (je sais, c’est discutable mais je préfère cette position à celle de ceux qui se voilent la face devant la situation faite aux blacks et aux beurs dans notre pays).
Le scrutin sur la constitution européenne a parfaitement épousé cette analyse, entre des partisans du « non » inventant tous les prétextes pour refuser le changement, des partisans du oui qui ne donnaient pas vraiment l’impression d’y croire et qui justifiaient l’Europe par son caractère français (!!) et ceux de nos amis qui se sont réellement battus pour le oui : clairement, à voir leurs spots télévisés, on a pu voir que l’UDF et les verts y adhéraient vraiment.
Le centre ne m’intéresse pas, s’il est un vague marais, lieu de toutes les hésitations. Certes, il faut des compromis et le discours de ceux qui prônent uniquement le social et aussi stupide que ceux qui ne prônent que l’économique (et vice versa !) mais le bipartisme qui pousse à gagner les batailles au centre suffit à ce genre de compromis.
C’est au contraire d’une vision stratégique, d’un programme clair, d’une véritable politique de réforme dont nous avons besoin.
Ce qui nous réunit aujourd’hui au sein de Générations Europe, au-delà d’une même forte conviction européenne, c’est le même attachement
à des logiques que je qualifierais de girondines pour faire simple (et donc la volonté de réformer l’Etat),
à une démocratie réellement citoyenne,
à une politique économique qui sait utiliser les mécanismes de régulation pour orienter la dynamique du marché et non pour la briser,
à une volonté de prendre en compte l’avenir à long terme de notre pays, tant du point de vue social qu’écologique.
Dans ces conditions, la distinction entre centre droit et centre gauche me paraît inopportune dans la perspective des présidentielles. Si deux candidats réunissent entre 8 et 10 % des voix chacun, ils ne font que participer à l’effervescence ambiante et au rejet par les Français d’une démarche comprise comme au seul service d’ambitions personnelles ou partisanes, et ensuite chacun sera contraint lors des législatives de rejoindre son camp « d’origine » ou de disparaître.
Si un seul candidat peut présenter un programme réellement réformiste, et peut réunir entre 15 et 20 % des voix (rêvons un peu !), il lui est possible d’être présent au deuxième tour et de donner un avenir à notre rassemblement.
Nous avons la chance d’avoir parmi nous plusieurs personnes qui ont la carrure pour être ce candidat. Je pense bien sûr à Bernard Kouchner (la personnalité politique préférée des français) et à François Bayrou (il s’y prépare depuis si longtemps !), mais aussi à Christian Blanc (le meilleur CV de la classe politique par la diversité de son expérience et l’ampleur de ses réussites) ou à Nicole Notat (la CFDT qu’elle a dirigé il y a peu n’est elle pas la principale force réformiste ?).
Laissons les gérer comme ils l’entendent leur éventuelle candidature .Il faudra sans doute se demander lequel est le mieux à même de réunir toutes les composantes de notre rassemblement. Mais il faut d’abord réaliser celui-ci !
Notre priorité aujourd’hui est de partager nos convictions pour vérifier que nous sommes d’accord sur les réformes essentielles (c’est le but des groupes de travail) et de trouver autour de nous des citoyens prêts à se mobiliser autour de ces idées (c’est entre autre à cela que peut servir le blog). Nous verrons ensuite qui se retrouve autour de tout cela et qui peut porter nos couleurs. La présidentielle n’est plus si loin mais nous avons encore une petite année pour cela : on y verra plus clair aussi quand le congrès du PS aura eu lieu !
Gérard Bardier
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