L'association

 

Générations Europe s'est constitué en association et a désigné son bureau, constitué de

Marc d'Héré (Président), Martine Bidegain, Elisabeth Boyer, Maryline Lugosi, Gérard Bardier, Gabriel Cohn Bendit et Gilles Norroy

Parmi les premiers signataires de l'Appel:

Christian BLANC (Energies Démocrates), Jean Marie BOCKEL (Gauche Moderne, PS), Daniel COHN BENDIT(Verts), Philippe HERZOG (Confrontations),Bernard KOUCHNER (Réunir, PS) Corinne LEPAGE (CAP 21),Nicole NOTAT, Marielle de SARNEZ(UDF), Lionel STOLERU (MRG)

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Mercredi 31 août 2005 3 31 /08 /Août /2005 00:00

Il n’a jamais été possible sous la cinquième République de faire politiquement  exister le centre. Ceux que l’on appelle « centristes »  et que l’UDF représente assez bien depuis près de trente ans se situent en réalité au centre droit. Le centre gauche n’a jamais pu s’affirmer, les radicaux de gauche, qui auraient pu le représenter étaient trop faibles sur le plan  idéologique comme sur le  plan politique et  n’envisageaient pas de s’émanciper de  l’union de   la gauche.  D’une manière générale d’ailleurs, la division très fortement affirmée de la droite et de la gauche faisait que chacun des deux « centres » restait arrimé à son camp, voulant considérer les centristes de l’autre bord, bien proches pourtant, comme des adversaires irréconciliables. Or,  un centre ne naîtra qu’à la condition de  regrouper ou fédérer les centristes des deux bords, que s’il leur permet de quitter leurs camps respectifs,   mettant  ainsi un terme à  la  bipolarisation rigide de la vie politique française.

Ce temps est   peut-être venu  aujourd’hui et  on peut raisonnablement penser que  la naissance de ce  troisième pôle que constituerait  un centre équilibré et attractif est possible. Les trois conditions qui le permettraient  semblent pouvoir être  réunies.

On peut d’abord constater que les polarités de gauche et de droite sont moins fortes. Les différences marquées  qui, jusqu’au milieu des années 90, opposaient la  gauche et  la droite, se sont estompées. La chute du mur de Berlin et la fin du communisme, la reconnaissance largement répandue qu’il n’y a pas d’alternative crédible au marché et au capitalisme, la « socialisation » du libéralisme qui s’est éloigné de l’ « ultra libéralisme » thatchérien, font qu’aujourd’hui gauche et droite ne sont plus séparées de manière aussi absolue, aussi irréconciliable. Les pôles dominants perdant leur attraction, les marges se sentent plus libres de leurs mouvements. Cela est évident à droite et l’UDF montre tous les jours son éloignement vis-à-vis de l’UMP et de  la droite parlementaire.  Cela commence à apparaître à gauche où  la sensibilité de centre gauche, se reconnaît peu  de choses en commun  avec une gauche qui refuse la mondialisation,  hésite à soutenir l’ambition européenne, se méfie du marché et des entreprises, choisit l’assistance contre la responsabilité, les droits acquis contre l’initiative, le conservatisme contre la réforme. Le centre gauche a le plus grand mal à se considérer encore comme un élément de cette « union de la gauche », ou de cette « gauche plurielle » qui n’a pas su s’adapter à l’évolution du monde et aux nouvelles attentes sociales.

             Si  la polarité des extrêmes est moins forte, encore faut-il que l’attractivité du centre existe.  Il semble que cela devienne le cas, dans la mesure où  aujourd’hui le centre gauche et le centre droit  ne sont  plus une gauche affadie ou une droite timorée. Ce n’est pas la gauche ou la droite en plus mou, en  plus flou, mais une pensée affirmée, avec des lignes de force que sont: la mise en œuvre de l’autonomie et de la responsabilité individuelle, l’ouverture sur le monde,  la défense passionnée de la construction européenne, la réforme d’un Etat qui doit être allégé et rendu  plus efficace, la rénovation de services publics qui ne peuvent refuser une concurrence régulée, la décentralisation et la régionalisation, la démocratie participative et l’extension des pouvoirs de la société civile, la lutte contre les privilèges et les statuts qui limitent toute possibilité de dynamisme et de mobilité de la société, la solidarité et l’équité comme condition d’une réelle égalité des chances ….

Idéologiquement un centre réformateur existe, doté de deux sensibilités compatibles qui ont trouvé, lors de la récente  campagne référendaire, des occasions de rapprochement et de coopération….Reste à  créer les conditions qui pourraient  lui  donner une existence politique.

Le moment déclencheur peut être  l’élection présidentielle.

On peut envisager que soit candidat, à côté des candidats habituels de gauche, de droite, des extrêmes, des écologistes et du centre droit, un candidat de centre gauche.  Un candidat de valeur, au terme d’une campagne dynamique et claire pourrait  rassembler sur son nom et autour de son projet  environ 10% de l’électorat. Parmi les candidats potentiels, qui ne sont pas légion, un nom - celui d’un homme de gauche,  largement indépendant, actif sur le plan international et  durablement populaire- viendra certainement  à l’esprit de chacun….. Pour sa part, le  candidat de centre droit, sur l’identité duquel aucun doute ne subsiste,  obtiendra sans doute un pourcentage de suffrages comparable.

Le centre gauche qui se sera affirmé, constitué et reconnu au cours de la campagne,  aura alors la capacité de s’émanciper de la gauche et de s’ouvrir à d’autres alliances. Il se sentira assez fort pour ne pas craindre, en  se rapprochant du centre droit, d’être phagocyté par celui-ci. Il le sera suffisamment aussi pour rassurer ce dernier et, lui permettant de retrouver au centre gauche les appuis et les suffrages qu’il perdra sur sa  droite, lui   donner le courage d’opérer sa séparation définitive avec celle-ci.

Au lendemain de l’élection présidentielle les candidats du centre gauche et du centre droit se rapprocheront, entraînant dans leur dynamique d’autres petites  organisations et clubs politiques. Une fédération des centres, autonome, respectueuse des sensibilités qui la constitueront,  appuyée sur un projet réformiste résolu, et dotée   d’une ambition neuve,  réunissant  de 15 à  20% de l’électorat se présenterait alors aux élections législatives et municipales. Cette fédération  pourrait à l’évidence  représenter à l’Assemblée comme dans les municipalités une force pouvant rivaliser avec la gauche comme avec la droite. Une force de proposition et de gouvernement.

C’est dans les semaines qui viennent que l’on saura si, donnant un prolongement politique à une entité idéologique déjà en formation, un tel scénario a des chances de se réaliser….Certaines déclarations, certaine tribune récente, laissent  penser qu’il n’est plus tout à fait impossible que le  candidat évoqué plus haut  ne décide de s’engager… S’il le faisait dans cet esprit, avec cet objectif,  ce serait alors un pas décisif sur un chemin qui pourrait  être celui de la rénovation politique de notre pays.

Marc d’Héré

Nota: Générations Europe publiera dans les prochains jours sur le même thème des contributions de Gaby Cohn Bendit et de gérard Bardier

 

 

 
Par Marc d'Héré - Publié dans : Vie politique
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