L'association

 

Générations Europe s'est constitué en association et a désigné son bureau, constitué de

Marc d'Héré (Président), Martine Bidegain, Elisabeth Boyer, Maryline Lugosi, Gérard Bardier, Gabriel Cohn Bendit et Gilles Norroy

Parmi les premiers signataires de l'Appel:

Christian BLANC (Energies Démocrates), Jean Marie BOCKEL (Gauche Moderne, PS), Daniel COHN BENDIT(Verts), Philippe HERZOG (Confrontations),Bernard KOUCHNER (Réunir, PS) Corinne LEPAGE (CAP 21),Nicole NOTAT, Marielle de SARNEZ(UDF), Lionel STOLERU (MRG)

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Lundi 18 juillet 2005

Alors que le nombre de chômeurs oscillait entre 450 000 et 620 000 de 1967 à 1972, il se met à grimper inexorablement à partir de l’automne 1974 : parti de 648 000 au 30 septembre 1974, il atteint le million au 30 septembre 1975, le million et demi au 30 septembre 1980, les deux millions en juillet 1983 puis les 2 millions et demi en avril 1986.

La politique de rigueur initiée en 1983 donne des résultats avec retard : les chômeurs ne sont plus « que » 2190 en septembre 1990, mais c’est pour mieux repartir : les 3 millions sont dépassés en février 1996, le maximum étant atteint en juin 1997 à 3 134 000.

Le reflux de la période de forte croissance permet une réduction jusqu’à 2 296 000 en mai 2001, puis la courbe repart pour atteindre aujourd’hui 2 776 000.

Au final, cela fait maintenant 22 ans que la France compte plus de 2 millions de chômeurs !  

Au point que l’opinion s’est répandu qu’une telle situation était inéluctable. D’ailleurs n’est ce pas un président de la République qui a dit que contre le chômage, on avait tout essayé ?

 

Les économistes qui prétendent le contraire ne sont guère écoutés. Daniel Cohen en 1997 dans "les infortunes de la prospérité" ou Jean Pisani Ferry dans son rapport au comité d’Analyse économique en 2001, intitulé vers le plein emploi, ne sont pas entendus.

 

Et pourtant, sans aller chercher le Japon, le Canada ou les USA, une comparaison avec nos voisins devrait nous interroger sur notre certitude. Six (Irlande, Chypre, Luxembourg, Pays Bas, Autriche, Royaume Uni) des 15 adhérents de l’ouest à l’Union Européenne ont moins de 5% de chômeurs quand le France en est à 10%. Alors que le taux d’activité des 15/64 ans plafonne en France à 63.1%, il dépasse les 70% dans  4 pays : le Danemark (à 75.7%), les Pays Bas, la Suède et le Royaume Uni.

Pourtant, les résultats de la France ne sont guère plus mauvais que la moyenne. Il faut dire que les meilleurs sont surtout des petits pays qui font nettement mieux et ce sont les gros qui font la moyenne! Examinons les donc de plus près :

L’Espagne connaît certes encore un taux de chômage élevé, mais les progrès sont évident : un taux d’activité des 15/64 ans qui passe de  46.6% en 1993 à 60.9% en 2004 , et un taux de chômage qui décroît dans le même temps de 18.6% à 11%.

 On l’a vu, le Royaume Uni fait partie du peloton de tête des meilleurs élèves. Mais, dira t'on, c’est au prix de fortes inégalités, avec une multitude de travailleurs pauvres. Erreur ! le Royaume Uni compte 6% de travailleurs pauvres quand la France en compte 8%. La raison est simple, dans les deux cas le Smic à temps plein permet d’échapper à la pauvreté (définie comme un niveau inférieur à 60% du revenu médian). Les travailleurs pauvres sont à temps partiel, et moins nombreux dans un pays où règne une offre élevée de travail.

 

L’Allemagne s’est longtemps tenu à des scores meilleurs d’environ deux points que ceux de La France. La situation s’est dégradée entre 2001 et 2003 ce qui explique le retournement de stratégie de Schroeder. La croissance du commerce extérieur devrait donner les moyens de la reprise. Il faut cependant remarquer que les résultats globaux sont fortement affectés par la situation de l’ex RDA qui connaît un taux de chômage de plus de 20%, conséquence de l’harmonisation sociale et fiscale par le haut décidée par le chancelier Kohl lors de la réunification.

 Les résultats de l’Italie sont mitigés : le chômage a baissé et se retrouve à 8%, alors que le taux d’activité reste faible à  Là aussi, il faut noter l’écart entre les  situations  du Nord et du Sud.

 

  Le cas de la Finlande mérite d’être souligné : ce pays a vu son économie sérieusement affectée par la chute du mur et la fin de ses relations commerciales privilégiées avec l’Est. En 1994, son taux de chômage avait atteint 16.6%. aujourd’hui, il est à 8.8%.

  Au final, on retiendra de l’exemple de nos voisins, qu’il est possible de faire nettement mieux que la France,et que rien ne permet d'affirmer que le chômage massif soit un phénomène inéluctable.

 Mais il est important de noter pour la suite de la réflexion, qu’il y a deux domaines dans lesquels la France fait aussi nettement moins bien que ses voisins.

 

 

Le taux de chômage des jeunes avec 22.7% pour les 15/24 ans

La durée du chômage et l’importance du chômage de longue durée.

A suivre!

Suite des travaux:

Emploi: des politiques malthusiennes

Défendre les emplois ou en créer?

Le chômage des non qualifiés

Mobilité et précarité

Contrats de travail et droit de licenciement

Lire aussi:

 la dette boule de neige

Gérard Bardier

par Générations Europe publié dans : Innovation, croissance, emploi
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