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Générations Europe s'est constitué en association et a désigné son bureau, constitué de
Marc d'Héré (Président), Martine Bidegain, Elisabeth Boyer, Maryline Lugosi, Gérard Bardier, Gabriel Cohn Bendit et Gilles Norroy
Parmi les premiers signataires de l'Appel:
Christian BLANC (Energies Démocrates), Jean Marie BOCKEL (Gauche Moderne, PS), Daniel COHN BENDIT(Verts), Philippe HERZOG (Confrontations),Bernard KOUCHNER (Réunir, PS) Corinne LEPAGE (CAP 21),Nicole NOTAT, Marielle de SARNEZ(UDF), Lionel STOLERU (MRG)
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Nous commençons aujourd'hui une série de comparaisons entre les 5 motions présentées au congrès du PS. Nous avons présenté hier sur ce site la question de l'avenir des retraites
La motion 1 (Hollande et consorts) aborde très rapidement le sujet pour dire essentiellement quatre choses
1) l’augmentation de l’espérance de vie est une bonne nouvelle, mais il faut organiser la prise en charge des personnes âgées (notamment la dépendance)
2) Le plan Fillon sur les retraites a aggravé les injustices sociales sans assurer le financement
3) Il faut garantir une retraite meilleure à certaines catégories défavorisées (femmes ayant eu des interruptions professionnelles, personnes ayant travaillé jeunes, ou ayant eu des travaux pénibles)
4) De nouvelles ressources seront mobilisées à travers une contribution de solidarité sur l’ensemble des revenus
Le point 1 aborde une question complexe : celle de la dépendance de certaines personnes très âgées. Il y a un certain consensus politique sur l’objectif mais la discussion porte sur le choix du payeur, l’Etat ayant renvoyé la patate chaude aux départements.
Le point 2 est une contrevérité flagrante : aligner le public sur le privé n’apparaît une injustice que pour ceux des fonctionnaires incapables de comprendre le sens des mots égalité ou solidarité. Permettre à ceux qui ont compensé tôt de partir avant 60 ans a été la mesure la plus juste prise par la droite en 3 ans, en réalité sous la pression de la CFDT.
Cette affirmation montre à quel point le PS est devenu le jouet de certains corporatismes et propose, non pas une vraie politique de gauche et de justice, mais une politique clientéliste tournée en priorité vers les fonctionnaires.
On notera cependant que la motion 1 ne propose pas de supprimer la loi Fillon. On touche là une des ambiguïtés de ses leaders : ils savent bien qu’il faut la garder (et qu’ils auraient fait la même s’ils étaient resté au pouvoir) mais ils n’ont pas le courage de le dire clairement dans la motion !
Ils sont allés plus loin depuis sur leur site où ils reprochent à Fabius de remettre en cause les décrets Balladur alors qu’il ne la pas fait lors de son passage au finances, et de ne pas dire par quoi il remplace la loi Fillon
Le point 3 aborde (trop rapidement) une question qu’il faudra traiter un jour : celles de ceux qui n’ont pas fait une carrière complète. On notera qu’elle conduit à augmenter les coûts.
Le point 4 fait un choix irresponsable : celui de faire payer par les seuls actifs l’essentiel des augmentations massives de coûts à venir. Dans ce domaine, les leaders de la majorité du PS se montrent les dignes représentants de la génération des baby boomers qui n’hésitent pas à sacrifier les intérêts des générations suivantes pour servir les leurs.
La motion 2 (Fabius et ses amis) consacre un long paragraphe au sujet avec les idées principales suivantes
1) Les français sont inquiets pour leur retraites : va-t-on revenir à la situation des années 60, quand retraite rimait avec pauvreté ? L’objectif est de soutenir le pouvoir d’achat des retraités les plus modestes.
2) Abroger la loi Fillon, pour ouvrir une négociation
3) Revaloriser les petites retraites et revenir sur le critère des 25 années.
4) Mieux prendre en compte la pénibilité des emplois
5) Discuter un cadre général avec les autres formations politiques et avec les syndicats, garantissant la pérennité des retraites par répartition
6) Répondre au défi du vieillissement, et en particulier de la dépendance, en trouvant de nouvelles sources de financement ( à la place de la suppression d’un jour férié) auprès de l’Etat, des collectivités locales, des organismes de sécurité sociale, et d’allocations familiales, des mutuelles, des organismes collecteurs du 1% logement
7) Financer les besoins nouveaux par une cotisation assise sur tous les revenus
La Motion 2 va un peu plus loin que la motion 1 vis-à-vis de la loi Fillon puisqu’elle propose de l’abroger. Elle ne dit pas ce qu’elle fera pour les longues carrières mais évoque les questions de différences de pénibilité et d’espérance de vie entre catégories socio professionnelles.
Au-delà, le texte fait beaucoup de promesses qui déséquilibreront encore plus les régimes de retraite. En contrepartie, des ressources nouvelles seront trouvées : comme la motion 1, la motion 2 fait le choix de favoriser les retraités au dépend des actifs.
Enfin, elle renvoie à la négociation avec les partenaires sociaux, ce qui donne l’impression d’une volonté de dialogue et permettra ensuite de leur faire porter la responsabilité de l’augmentation des cotisations. N’est ce pas bien joué ?
Les auteurs de la motion 2 savent (très bien ?) qu’il faudra prendre des mesures douloureuses. Dans une logique de surenchère à gauche, ils ne veulent surtout pas donner l’impression qu’ils en sont responsables et donc ne disent pas qu’il faut y aller. A partir du moment où ils font le choix de s’allier avec des partis d’extrême gauche et des mouvements syndicaux qui refusent de prendre leur responsabilité, ils sont condamnés à avoir un discours électoral contradictoire avec ce qu’ils feront si jamais ils arrivent au pouvoir. C’est malhonnête, mais après tout, Mitterrand et Chirac ont montré que c’est efficace !
La motion 3 (Utopia) n’aborde pas la question des retraites. Il est vrai que quand on remet en cause la « valeur » travail, pourquoi s’intéresser à la retraite !
La Motion fait un instant l’éloge des régimes scandinaves (pourtant très éloignés de sa philosophie affichée) mais prend garde de signaler parmi leurs réussites, le niveau élevé d’activité des 55/64 ans.
La motion 4 (celle de nos amis de Gauche Moderne) aborde la question de manière fort différente, au sein d’un chapitre sur l’entreprise et le marché. Le texte fort court propose de
Donner toutes leur place aux travailleurs âgés
Négocier des possibilités de retraite progressive
Abandonner l’interdiction du cumul emploi/retraite
Comme on le voit, la motion est implicitement dans la logique de l’allongement de la durée de cotisation.
La motion 5 (celle du NPS de Peillon, Montebourg et de leur allié Emmanuelli), propose de « sauver les retraites du régime général » en développant successivement
Cinq longs paragraphes sont consacrés à expliquer qu’il y a un vrai problème de financement des retraites à long terme, que le nombre de plus de 60 ans va progressivement doubler et que les solutions du type baisse du chômage ou augmentation de l’émigration sont loin de suffire à répondre au problème. Cependant le risque d’une hausse des cotisations pour des salariés dont le pouvoir d’achat a longtemps été bloqué, est souligné.
La suite concerne les propositions :
1) Abroger les mesures prises par la droite (en clair la loi Fillon ?)
2) Rouvrir les négociations avec les partenaires sociaux
3) Revoir la règle des 25 meilleures années et le cas des périodes de chômage pour éviter la paupérisation massive des retraités.
4) Maintenir l’âge de la retraite à 60 ans
5) Permettre le départ avant 60 ans pour ceux qui ont 40 annuités
6) Prévoir des majorations d’annuités pour pénibilité
On ne sait comment qualifier un tel texte qui après avoir insisté sur le fait que le problème est réel, s’interdit ensuite l’ensemble des solutions envisageables (baisser les retraites, augmenter les cotisations ou prolonger la durée d’activité. Et qui de plus propose des mesures conduisant à une augmentation des dépenses !
Si l’on excepte les motions 3 et 4 qui n’abordent pratiquement pas la question mais qui sont assez marginales au sein du PS, les trois principales motions sont finalement assez proches malgré quelques nuances : elles proposent surtout d’augmenter les dépenses ! La motion 5 refuse en fait toutes solutions (l’augmentation des cotisations est déconseillée quand les autres interdits sont des principes fondamentaux), et les autres privilégient l’augmentation des cotisations (mais après tout l’impôt c’est bien surtout si on arrive à ce que ce soit d’autres qui le paient !).
On notera que la question du public et du privé est complètement passée sous silence. Si négociation il y a dans le privé, les partenaires sociaux pourront refuser de jouer uniquement sur les cotisations : les représentants du patronat ne s’en priveront pas. Coté public, l’absence de clarté du financement débouche sur un autre choix : qui dit augmentation des cotisations dit en réalité que c’est le contribuable qui paiera. C'est-à-dire que les actifs du privé devront trouver un équilibre entre augmentation de la durée d’activité, augmentation des cotisations et baisse de leur retraite, et par ailleurs payer plus d’impôts pour financer le refus des salariés du public de toucher à leur système, refus entériné par le parti Socialiste. Celui-ci se comporte dans l’affaire comme privilégiant les fonctionnaires et ex fonctionnaires au détriment de ceux qui ne le sont pas. Belle logique clientéliste
Sur un tel sujet, fallait il s’attendre à un parler vrai ? Faire plaisir à l’électorat est effectivement plus facile que de lui expliquer des réalités déplaisantes ! Mais est ce le discours d’un parti qui a été récemment aux affaires, qui prétend y retourner, bref qui se veut un parti de gouvernement ?
Gérard Bardier
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