L'association

 

Générations Europe s'est constitué en association et a désigné son bureau, constitué de

Marc d'Héré (Président), Martine Bidegain, Elisabeth Boyer, Maryline Lugosi, Gérard Bardier, Gabriel Cohn Bendit et Gilles Norroy

Parmi les premiers signataires de l'Appel:

Christian BLANC (Energies Démocrates), Jean Marie BOCKEL (Gauche Moderne, PS), Daniel COHN BENDIT(Verts), Philippe HERZOG (Confrontations),Bernard KOUCHNER (Réunir, PS) Corinne LEPAGE (CAP 21),Nicole NOTAT, Marielle de SARNEZ(UDF), Lionel STOLERU (MRG)

Consulter l'appel

ADHERER

Vous souhaitez adherer à GENERATIONS EUROPE

 

 

 

Qui sommes nous ?

Nous sommes un réseau réformiste,  écologiste et européen, fondé par des responsables politiques issus de différents courants , qui ont fait le choix de partager leurs réflexions et de bâtir ensemble des propositions.

Cinq groupes de travail ont été lançés: Relations internationales (1), Développement durable et environnement( 2), Innovation, croissance, emploi (3), Société et démocratie (4), la puissance publique en question (5)

Nos interventions individuelles sur ce blog seront aussi le reflet de notre diversité. Elles n'engageront donc que leur auteur.Les textes communs seront signés GENERATIONS EUROPE

Dimanche 22 octobre 2006

Pour un service civique européen :

 

Obligeons nos dirigeants à parler d’Europe durant cette campagne !

 

 

 

Octobre 2006 : près d’un an et demi après la victoire du Non au référendum sur le traité instaurant une Constitution pour l’Union européenne en France, l’Europe est de nouveau la remarquable absente des débats politiques. 

 

Et pourtant les enjeux sont importants. Depuis ce vote négatif, l’Europe est comme paralysée, aucune vision politique ne se dégage d’un ensemble qui continue à s’élargir sans savoir dans quel but précis, si ce n’est pour la réunification d’un continent. Les Français portent une responsabilité importante dans cette situation et le mutisme actuel de nos dirigeants pousse nos voisins européens à se mettre d’accord et à agir sans nous, mais pouvons nous vraiment le leur reprocher ? 

 

Il semble que nous soyons retombés dans cet éternel (et à mon sens) stérile clivage gauche –droite qui oblige les uns et les autres à se positionner sur cette échelle et à en oublier le fonds, la substance. C’est aussi pour cela que les partis de gouvernement, de gauche comme de droite, se taisent sur le sujet européen car ils savent qu’il s’agit là d’une source de divisions fortes en interne. 

 

Alors, pour parler d’Europe en 2007, il va falloir ruser ! Essayer de trouver des points d’entrée et les rendre incontournables. L’Europe doit devenir une thématique naturelle, un sujet qu’on aborde comme une évidence, car elle fait aujourd'hui partie de notre quotidien et car les options politiques prises par les uns ou les autres ne peuvent plus aujourd'hui se penser uniquement à l’échelle nationale. 

 

Concrètement, prenons l’exemple du service civique. Depuis les émeutes de l’année dernière, tous les politiques ont trouvé une idée géniale et absolument novatrice : instaurer un nouveau service civique (obligatoire ou non) pour tous les jeunes. Et là, ils sont tous d’accord, la gauche comme la droite.

Toutefois, nous sommes en droit de nous demander si ce projet est réellement aussi génial et révolutionnaire ? Les jeunes crient leur insatisfaction, qu’à cela ne tienne, envoyons les tous ensemble réaliser des missions d’intérêt général, sous les couleurs de la France et ni une ni deux, nous retrouverons de bons et gentils patriotes. Quelle illusion !

Et pourtant, l’adaptation moderne et réellement révolutionnaire de ce projet existe : transformons ces missions en de véritables moments d’échange et de rencontres, qui donneront à tous les jeunes de nouvelles perspectives, qui leur ouvriront les yeux.

Nous vivons aujourd'hui dans un monde ouvert, et c’est cette crainte de l’autre, cette peur de figurer parmi les laissés pour compte de cette ouverture, qui nous pousse parfois à nous replier sur nous même, à ne se préoccuper que de soi et des siens.

Offrons aux jeunes un véritable service civil européen : la chance de pouvoir passer plusieurs mois avec d’autres jeunes, venus d’ailleurs, pour échanger, apprendre, relever des défis et tout simplement apprendre à se faire confiance, à se débrouiller avec les autres… et nous aurons fait un grand pas vers l’avant. 

 

Alors aujourd'hui, interpellons nos hommes et nos femmes politiques pour qu’ils intègrent systématiquement cette dimension dans leurs propositions.

Et commençons par ce service civique : le service civique d’aujourd'hui doit être Européen, sinon, il n’a que peu de sens…

Jessica Pennet

par Générations Europe publié dans : la puissance publique en question
ajouter un commentaire commentaires (3)    créer un trackback recommander
Mercredi 18 octobre 2006

Les États-Unis seraient-ils en train de rejoindre l’Europe dans le camp des pays dont la pratique religieuse ne cesse de décroître ? Cette question n’est plus aussi absurde qu’elle a pu l’être dans les années 80 ou 90. On assiste en effet à quelques mouvements de la société, encore timides il est vrai, mais qui montrent néanmoins que les Américains s’écartent du microcosme de Washington en ce qui concerne la foi et le conservatisme religieux. Cet écart se manifeste tant dans les comportements que dans les opinions.

 

Ainsi voit-on des animateurs de confréries religieuses s’inquiéter de ne plus attirer les jeunes. Ce retrait est surtout visible chez les Évangélistes, c’est-à-dire les plus conservateurs des Chrétiens américains. Un sondage alarmant, et très controversé, annonce que seuls 4% des jeunes d’aujourd’hui deviendront des « adultes croyant en la Bible ». Comparés aux 35% de la génération des baby-boomers et 65 % de celle de la Seconde Guerre Mondiale, c’est peu. Et même si ces chiffres sont contestés, les pasteurs évangélistes savent qu’ils sont en train de perdre.  «  Je regarde les chiffres, dit l’un d’eux, et je vois que nous devenons une Amérique post-chrétienne, comme l’Europe est déjà post-chrétienne. »

 

 

Autre signe de cette évolution, les scandales de « moralité » ne trouvent pas dans la population l’écho qu’ils déchaînent à Washington. Déjà lors de l’affaire Monica Lewinski, aussi choqués qu’ils aient été, les Américains ne voyaient dans cette liaison aucune raison d’engager une procédure d’ »empêchement » à l’égard du président Clinton. Des politiciens conservateurs essaient régulièrement de marquer des points par une campagne homophobe, sans qu’aucun n’ait remporté de succès, certains de leurs électeurs, très conservateurs votant néanmoins pour des candidats homosexuels. De même plusieurs législateurs ont clairement fait connaître leur homosexualité sans que cela les empêche d’être réélus même dans des États très conservateurs.

 

 

Il y a pourtant une exception très médiatisée aujourd’hui : l’affaire des jeunes coursiers du Congrès et en particulier de celui qui fut harcelé par le Représentant Républicain Mark Foley. Et pourtant, s’il appert que les Républicains risquent de perdre quelques sièges supplémentaires au Congrès à cause de ce scandale, les analyses politiques montrent qu’il ne s’agit pas d’électeurs indignés qui modifieraient leurs votes. Ce sont plutôt les effets de l’abstention d’un nombre croissant de conservateurs religieux, que ce scandale ajouté aux affaires de corruption qui ont rythmé l’année écoulée détourne du monde politique et notamment des élections.

 

 

Les Américains seraient donc moins influencés par la religion que leurs représentants au sommet de l’État. En ce qui concerne l’Europe, cette évolution, surtout si elle s’amplifie, est plutôt de bon augure. Si le Bien et le Mal font moins recette auprès de la société civile, on peut espérer que cela se traduise au niveau gouvernemental et que la politique, notamment étrangère, américaine s’en trouve éclairée.

 

Dominique Thomas

 

par Dominique Thomas publié dans : Relations Internationales
ajouter un commentaire commentaires (3)    créer un trackback recommander
Samedi 14 octobre 2006

La société Airbus est en train de traverser de violentes turbulences, suite aux retards qui s’accumulent dans la construction de son dernier né, l’A 380. Déjà en juillet 2006, Gustav Humbert et Noël Forgeard, les deux dirigeants du consortium, avaient du démissionner. Cette semaine, c’est au tour de Christian Streiff, arrivé 100 jours auparavant, de démissionner, pour être directement remplacé par Louis Gallois, nommé coprésident d’EADS à l’été. Ce dernier dirigeait les activités de défense alors que son domaine de compétences couvrait surtout les transports civil. Le co-président allemand, d’EADS, Thomas Enders, couvrait les activités d’Airbus alors qu’il était un spécialiste des questions de défense. Il est probable que le nouveau PDG soit amené à mettre en œuvre le remède de cheval demandé par son prédécesseur :conduire une restructuration européenne , sans tenir compte des nationalités. D’après Le Monde, « C Streiff réclamait une large autonomie et le pouvoir de nommer des dirigeants pour supprimer les hiérarchies parallèles, qui ont permis de masquer les problèmes de câblage de l’usine de Hambourg, source des déboires de l’A380 .» On rappellera ici qu’une des principales causes de ces déboires vient du fait que l’usine de Hambourg avait refusé d’utiliser pour les plans de câblage le même logiciel que l’usine de Toulouse (et l’avait fait en cachette), entraînant des difficultés énormes de mise en œuvre.

 

Airbus est (était ?) un exemple de la réussite européenne. L’avionneur n’a cessé depuis 20 ans de prendre des parts de marché à ses concurrents américains et a fini par dépasser Boeing, avec plus de la moitié du marché. La coopération franco allemande et plus généralement européenne a permis de regrouper les compétences suffisantes et de s’appuyer sur plusieurs marchés nationaux pour amortir les gigantesques investissements nécessaires pour lancer un nouveau modèle. Le résultat dépasse les espérances : on connaît le poids d’Airbus dans la commerce extérieur ou dans le développement de la région de Toulouse. La crise actuelle est cependant sévère : l’A380 a pris deux ans de retard, ce qui risque de coûter de lourdes pénalités,le plan d’économie se chiffre en milliards d’euros, le lancement de l’A350 est compromis, sur une créneau qui représente 40% du marché mondial !

 

Les mésaventures d’Airbus illustrent les limites du  système de coopération européen : les contraintes politiques, la nécessité de ménager les partenaires ont conduit à un système de gouvernance peu satisfaisant (avec un allemand et un français à chaque niveau de gouvernance) et à une organisation industrielle qui sacrifie les logiques d’efficacité aux logiques nationales.

 

Finalement, Airbus rencontre les même limites que la construction européenne dans son ensemble. La logique de coopération des entreprises conduit tôt ou tard à une logique d’intégration d’un certain nombre d’activités structurantes (par exemple dans les partenariats entre mutuelles, le système informatique). La logique de coopération qui a donné de beaux résultats pour l’Union Européenne arrive depuis maintenant trop d’années à ses limites. Même si les raisons en étaient tout autres, l’échec du référendum sur la constitution européenne marquait aussi les limites de ce modèle.

 

L’Union Européenne  a besoin à la fois de dépasser les logiques nationales et de mieux cibler les domaines qu’elle traite ou prend en charge.

Gérard Bardier
par Gérard Bardier publié dans : EUROPE
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus