Pour un service civique européen :
Obligeons nos dirigeants à parler d’Europe durant cette campagne !
Octobre 2006 : près d’un an et demi après la victoire du Non au référendum sur le traité instaurant une Constitution pour l’Union européenne en France, l’Europe est de nouveau la remarquable absente des débats politiques.
Et pourtant les enjeux sont importants. Depuis ce vote négatif, l’Europe est comme paralysée, aucune vision politique ne se dégage d’un ensemble qui continue à s’élargir sans savoir dans quel but précis, si ce n’est pour la réunification d’un continent. Les Français portent une responsabilité importante dans cette situation et le mutisme actuel de nos dirigeants pousse nos voisins européens à se mettre d’accord et à agir sans nous, mais pouvons nous vraiment le leur reprocher ?
Il semble que nous soyons retombés dans cet éternel (et à mon sens) stérile clivage gauche –droite qui oblige les uns et les autres à se positionner sur cette échelle et à en oublier le fonds, la substance. C’est aussi pour cela que les partis de gouvernement, de gauche comme de droite, se taisent sur le sujet européen car ils savent qu’il s’agit là d’une source de divisions fortes en interne.
Alors, pour parler d’Europe en 2007, il va falloir ruser ! Essayer de trouver des points d’entrée et les rendre incontournables. L’Europe doit devenir une thématique naturelle, un sujet qu’on aborde comme une évidence, car elle fait aujourd'hui partie de notre quotidien et car les options politiques prises par les uns ou les autres ne peuvent plus aujourd'hui se penser uniquement à l’échelle nationale.
Concrètement, prenons l’exemple du service civique. Depuis les émeutes de l’année dernière, tous les politiques ont trouvé une idée géniale et absolument novatrice : instaurer un nouveau service civique (obligatoire ou non) pour tous les jeunes. Et là, ils sont tous d’accord, la gauche comme la droite.
Toutefois, nous sommes en droit de nous demander si ce projet est réellement aussi génial et révolutionnaire ? Les jeunes crient leur insatisfaction, qu’à cela ne tienne, envoyons les tous ensemble réaliser des missions d’intérêt général, sous les couleurs de la France et ni une ni deux, nous retrouverons de bons et gentils patriotes. Quelle illusion !
Et pourtant, l’adaptation moderne et réellement révolutionnaire de ce projet existe : transformons ces missions en de véritables moments d’échange et de rencontres, qui donneront à tous les jeunes de nouvelles perspectives, qui leur ouvriront les yeux.
Nous vivons aujourd'hui dans un monde ouvert, et c’est cette crainte de l’autre, cette peur de figurer parmi les laissés pour compte de cette ouverture, qui nous pousse parfois à nous replier sur nous même, à ne se préoccuper que de soi et des siens.
Offrons aux jeunes un véritable service civil européen : la chance de pouvoir passer plusieurs mois avec d’autres jeunes, venus d’ailleurs, pour échanger, apprendre, relever des défis et tout simplement apprendre à se faire confiance, à se débrouiller avec les autres… et nous aurons fait un grand pas vers l’avant.
Alors aujourd'hui, interpellons nos hommes et nos femmes politiques pour qu’ils intègrent systématiquement cette dimension dans leurs propositions.
Et commençons par ce service civique : le service civique d’aujourd'hui doit être Européen, sinon, il n’a que peu de sens…
Jessica Pennet
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