Le thème de la dette publique serait il soudain devenu à la mode sur Internet ? En tous les cas, on peut lire toute une série d’articles, considérant suivant les cas, que le problème est sur estimé (c’est le point de vue de Salanié sur Telos eu, d’Alexandre Delaigue ou de Laurent Guerby) alors que d’autres au contraire soulignent l’importance du sujet (Verel par exemple ou Matthieu) comme le fait le site Energies2007 qui a diffusé une feuille d’impôt factice pour sensibiliser au thème. Alain Lambert a noté cette diffusion sur son propre blog et alerte sur le fait que la dette asphixie l'Etat. Au même moment la sortie du livre de Bernard Spitz, le Papy Krach, qui évoque des questions proches,est saluée par Koz et encore Verel. Versac, de son coté, peut être gêné par l’apparente opposition sur ce thème de deux de ses collègues communards, essaie pour faire avancer le débat, de trouver un juste milieu. On notera à ce propos que la plupart des intervenants semblent d’accord pour mieux gérer les finances publiques, dans le sens d’utiliser plus efficacement les deniers de l’Etat.
J’ai déjà abondamment présenté le rapport Pébereau et ses principales recommandations. Rappelons quelques chiffres qui viennent souligner l’importance du phénomène :
En 25 ans, la dette publique est passée de 20% du PIB à 60%. Quand on sait que 90% de cette dette est due à l’Etat et que les ressources de celui-ci représentent environ 20% du PIB, on comprend que l’Etat a pris sur cette période 2 ans d’avance sur la consommation de ses ressources. La plus grande partie du phénomène s’est faite sur les 15 premières années, entre 1980 et 1995. Entre 1995 et 2004, la dette a encore pris 10% du PIB en France. Dans le même temps, la plupart de nos voisins, en particulier parmi les 15 qui appartenaient à l’Union Européenne avant l’élargissement, ont réduit la leur. Nous sommes passés ainsi du 2ème rand des plus sages dans ce club à la 11ème place.Et cela ne va pas mieux, comme le note Alexandre Delaigue
Aujourd’hui, le seul paiement des intérêts de la dette de l’Etat absorbe d’importance ressources : plus de 40 milliards d’euros, soit l’intégralité de l’impôt sur le revenu, ou plus que les budgets cumulés de la sécurité, des transports, du logement et de la justice !
Il est donc important que cette question soit un des thèmes majeurs des campagnes électorales qui sont déjà ouvertes de fait. Demain, mon choix de vote dépendra fortement des propositions et engagements pris par les candidats sur cette question.
Et en particulier des solutions qu’ils compteront mettre en place :
Sont ils prêts à simplifier l’organisation administrative (pour moi, ne garder que les régions et les communes regroupées) et faire disparaître les structures redondantes, comme l’ont fait nombre de nos voisins (proposition 14 du rapport) ?
Sont ils prêts à moderniser profondément la politique de ressources humaines des administrations publiques (moins d’embauche, plus de mobilité interne, propositions 15 et 16) ?
Sont ils prêts à faire évoluer le régime des retraites pour en assurer l’équilibre (remettre en cause les régimes spéciaux et repousser l’âge de départ, proposition 7) ?
Oui, il faut aborder ces questions en 2007 !
Gérard Bardier
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