L'association

 

Générations Europe s'est constitué en association et a désigné son bureau, constitué de

Marc d'Héré (Président), Martine Bidegain, Elisabeth Boyer, Maryline Lugosi, Gérard Bardier, Gabriel Cohn Bendit et Gilles Norroy

Parmi les premiers signataires de l'Appel:

Christian BLANC (Energies Démocrates), Jean Marie BOCKEL (Gauche Moderne, PS), Daniel COHN BENDIT(Verts), Philippe HERZOG (Confrontations),Bernard KOUCHNER (Réunir, PS) Corinne LEPAGE (CAP 21),Nicole NOTAT, Marielle de SARNEZ(UDF), Lionel STOLERU (MRG)

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Qui sommes nous ?

Nous sommes un réseau réformiste,  écologiste et européen, fondé par des responsables politiques issus de différents courants , qui ont fait le choix de partager leurs réflexions et de bâtir ensemble des propositions.

Cinq groupes de travail ont été lançés: Relations internationales (1), Développement durable et environnement( 2), Innovation, croissance, emploi (3), Société et démocratie (4), la puissance publique en question (5)

Nos interventions individuelles sur ce blog seront aussi le reflet de notre diversité. Elles n'engageront donc que leur auteur.Les textes communs seront signés GENERATIONS EUROPE

Lundi 17 avril 2006

Le recul du gouvernement sur la question du tabac dans les restaurants est révélateur de l’impuissance totale du pouvoir en place. Dans le même temps, la grève de la faim du député Lassalle pour lutter contre le déménagement d’une entreprise japonaise vers un autre site de la région illustre la manière dont notre pays attend beaucoup de l’Etat.. Ce mélange explosif va-t-il tenir pendant les 12 mois qui nous séparent maintenant de la présidentielle ?

 

La crise institutionnelle que connaît notre pays et que soulignent de nombreux journaux, touche en effet tous les pouvoirs, à des niveaux inimaginables pour les deux principaux responsables du pays.

 

Le livre de F.O.G., peu tendre sur Jacques Chirac et, dont le succès est évident, frappe en réalité un homme à terre depuis l’échec du référendum européenne. Pouvons nous imaginer qu’il y a 18 mois, les stratèges de l’Elysée testaient encore l’idée d’un troisième mandat ? Ce même homme qui s’est fait désavouer par son propre parti moins de 10 jours après avoir demandé, lors d’une déclaration télévisée par ailleurs confuse, de modifier le CPE pour diminuer à 1 an la période d’essai et pour réintroduire l’obligation de justifier la rupture du contrat.

 

Deux anecdotes illustrent à quel point le Président de la République était complètement déconsidéré il y  déjà 6mois :

 

En janvier, le député Christian Blanc publiait une tribune dans le Monde intitulée « Partez Mr le Président (Il faut relire cette tribune à la lumière des événements récents !). Sur environ 150 réactions sur le site du Monde et sur celui du «Pourquoi pas ? », il ne s’en est trouvé qu’une seule pour défendre l’action du président !

 

Peut être encore plus incroyable, ce qu’on peut lire dans le rapport Pébereau pages 54 et 55: après avoir montré que les suppléments de recettes inattendus sont considérés comme des « cagnottes » et ne sont pas utilisées pour réduire les déficit mais rendues au citoyen, comme cela a été le cas en 2000, un an après que le terme de cagnotte soit apparu dans les médias, le rapport parle d’une idée incongrue puis d’un raisonnement étonnant. Chacun sait que l’auteur de cette idée est Jacques Chirac, à l’occasion de son discours du 14 juillet 1999. Il est vrai que son nom n’est pas cité dans le rapport mais le reproche est transparent.. Il s’agit là, rappelons le, d’un rapport écrit à la demande du ministère des finances, publié par la documentation Française et auquel ont collaboré entre autres des hauts fonctionnaires et un sénateur UMP !

 

De son coté, le premier ministre qui a pu faire illusion quelques mois a vu sa côte de popularité descendre à des niveaux inimaginables. Déjà que les députés de la majorité ne le portaient pas dans leur cœur à cause d’une certaine dissolution…

 

Dans cette situation déliquescente, comment le pouvoir va-t-il répondre aux demandes de plus en plus pressantes que vont lui adresser tous les lobbys de notre pays, sous les prétextes les plus divers ?

 

On se souvient de Lionel Jospin expliquant que « l’Etat ne peut pas tout ». Certains pensent que cela lui a coûté la présidentielle. Cette phrase et la manière dont elle a été reprochée au premier ministre de l’époque illustrent le rapport que les français ont avec le pouvoir central. L’affaire Toyal est la manière dont le député Jean Lassalle est intervenu pour éviter le départ vers Lacq de cette entreprise ne fait que confirmer cette tendance. Que cette affaire ait fait perdre  au groupe japonais sa confiance dans notre pays, qu’elle puisse avoir un effet très négatif sur les investissements étrangers, qui s’en soucie à part quelques spécialistes ?

 

Il faudra donc payer, payer et encore payer, pour essayer d’apaiser tous les débuts d’incendies qui vont s’allumer d’ici les présidentielles, c'est-à-dire dans 12 mois maintenant. C’est ce qui s’est passé en 2001 / 2002. Avec une différence : il y avait de l’argent dans les caisses. Aujourd’hui, notre déficit et notre dette ont atteint ou dépassé les maxima autorisés par les accords de Maastricht. Alors ?faudra t’il faire des chèques en bois ?

 

Le président de la République actuel a montré que faire des promesses était la meilleure manière de gagner les élections. Les candidats en lice ont bien sûr retenu la leçon. Mais les principaux connaissent aussi la situation de notre pays et les difficultés qu’ils vont rencontrés s’ils sont élus.

 

Il peut se passer n’importe quoi d’ici avril 2007, mais il est peu probable que ce soit bon pour notre pays.

 

La seule bonne décision que pourrait prendre J Chirac serait de partir immédiatement.

 

Gérard Bardier

par Générations Europe publié dans : Vie politique
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Mardi 4 avril 2006

Les statistiques de ce blog donnent pour le mois de mars un curieux résultat : l’article le plus lu est un article paru en juillet 2005 « chômage massif, un phénomène français »

 

Cet article a été consulté 377 fois en mars (contre 138 fois en février) et encore 43 fois sur les 3 premiers jours d’avril.

 

On peut comprendre l’intérêt de nos lecteurs pour un tel sujet en pleine effervescence autour du CPE, mais cet engouement aurait pu profiter à toute une série d’articles sur le sujet, ici, ici, ici ou encore ici et ici

 

Une hypothèse : vers la mi août, Emmanuelle Richard avait cité cet article sur son blog, lequel est extrêmement visité, en particulier par la communauté française aux Etats-Unis, puisqu’elle vit à Los Angeles. Cette citation avait augmenté notablement la fréquentation de ce blog. Alors recrudescence de visiteurs d’outre atlantique ?

 

Un des visiteurs peut il nous aider à éclairer ce mystère ?

 

Générations Europe
par Générations Europe publié dans : generationseurope
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Dimanche 2 avril 2006

A l’occasion du débat sur le CPE, le besoin de transformer le droit du travail est reconnu par des adversaires du CPE. L’idée du contrat unique, développée initialement par le rapport Camdessus puis par Cahuc et Kramarz, est proposée par de nombreux intervenants. Bernard Brunhes, du cabinet BPI, note ainsi dans Libération du 28 mars : « Je crois qu'une réforme est nécessaire et je suis personnellement partisan d'un contrat unique. Mais cela ne peut se faire sans modifier de manière sérieuse la gestion du marché du travail en France. Les pays scandinaves l'ont compris en «échangeant» une flexibilité accrue et nécessaire selon moi, contre un effort considérable d'accompagnement personnel de tous ceux qui sont en difficulté sur le marché du travail, étudiants, chômeurs ».  Thomas Piketty , économiste, exprimait la veille dans le même journal la même idée, sous une forme un peu différente,: « la généralisation d'un nouveau contrat unique à durée indéterminée, doublé d'une véritable sécurité sociale professionnelle …est un objectif dans le fond partagé par tous les responsables politiques et syndicaux ». Mais il ajoute « quelle que soit la méthode retenue, une telle réforme se heurtera presque inévitablement à des ayatollahs qui y verront une flexibilisation de l'actuel CDI et l'avènement du «droit de licencier».  

 

Le nombre élevé de précaires en France est la conséquence d’un droit du licenciement trop contraignant, qui contribue à la fois au développement de la précarité et à celui du chômage. La question est donc de savoir comment aller vers la solution de bon sens sans être bloqué par les ayatollahs dont parle Piketty

 

La première condition pour réduire le chômage est d’abord de retrouver le chemin de la croissance, par la mise en place de la stratégie de Lisbonne, celle de la société de la connaissance, à travers des pôles de compétitivité respectant les principes proposés dans son rapport par Christian Blanc et non le centralisme bureaucratique que pratique le ministère de l’industrie.

 

Si la croissance reprend, elle se heurtera rapidement aux tensions sur le marché du travail qui étaient apparues fortement à la fin de la période favorable 1998/ 2001. On considère que le chômage structurel est de l’ordre de 9%. Il existe donc un chômage conjoncturel de l’ordre de 1% . Cette situation s’est traduite par une diminution depuis 2002 du nombre d’entreprises déclarant rencontrer des difficultés de recrutement. Un auteur comme jean Pisani Ferry avait montré à l’époque que le chômage structurel pouvait baisser d’un demi point par an en période de reprises. Il faut mettre en place les conditions pour faire baisser plus rapidement ce chômage structurel, pour ne pas freiner et stopper la croissance. Ces conditions, ce sont un système plus incitatif à la recherche d’emploi et un système qui organise de manière plus active le passage des métiers en sur effectifs vers les métiers en tension.

 

La méthode de changement me parait donc être devoir suivre les trois temps suivant

 

-          mise en place d’un système favorable à l’innovation et à l’emploi

 

-          renforcement du système de formation permanente et d’accompagnement à la mobilité

 

-          transformation du droit du travail vers un contrat unique et des licenciements à la fois plus faciles et plus chers  

 

Le délai entre la première étape et la troisième doit être suffisamment long pour donner confiance aux acteurs dans la reprise et suffisamment court pour que la croissance ne soit pas freinée par les tensions sur l’emploi.

 

Le gouvernement à eu trois torts :

 

Prendre les choses dans le mauvais ordre

 

Ne pas s’attaquer au cœur du problème et faire porter la contrainte sur les premières victimes de la précarité

 

Ne pas impliquer les partenaires sociaux, patronat et syndicats.

Gérard Bardier
par Générations Europe publié dans : Innovation, croissance, emploi
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