L'association

 

Générations Europe s'est constitué en association et a désigné son bureau, constitué de

Marc d'Héré (Président), Martine Bidegain, Elisabeth Boyer, Maryline Lugosi, Gérard Bardier, Gabriel Cohn Bendit et Gilles Norroy

Parmi les premiers signataires de l'Appel:

Christian BLANC (Energies Démocrates), Jean Marie BOCKEL (Gauche Moderne, PS), Daniel COHN BENDIT(Verts), Philippe HERZOG (Confrontations),Bernard KOUCHNER (Réunir, PS) Corinne LEPAGE (CAP 21),Nicole NOTAT, Marielle de SARNEZ(UDF), Lionel STOLERU (MRG)

Consulter l'appel

ADHERER

Vous souhaitez adherer à GENERATIONS EUROPE

 

 

 

Qui sommes nous ?

Nous sommes un réseau réformiste,  écologiste et européen, fondé par des responsables politiques issus de différents courants , qui ont fait le choix de partager leurs réflexions et de bâtir ensemble des propositions.

Cinq groupes de travail ont été lançés: Relations internationales (1), Développement durable et environnement( 2), Innovation, croissance, emploi (3), Société et démocratie (4), la puissance publique en question (5)

Nos interventions individuelles sur ce blog seront aussi le reflet de notre diversité. Elles n'engageront donc que leur auteur.Les textes communs seront signés GENERATIONS EUROPE

Samedi 6 mai 2006

Le constat

 

1)      La France connaît des événements critiques à répétitions, qu’ils soient sociaux (émeutes de banlieue ou affaire du CPE) ou politiques (présence de Le Pen au 2ème tour de 2002 ou victoire du non au référendum). Le phénomène semble s’accélérer. Et les Français sont extrêmement nombreux (86% !) à penser que les choses ont tendance à aller plus mal (voir ici  )

 

2)      Les Français font de moins en moins confiance à leurs responsables politiques. L’opinion négative sur les partis affecte même ceux qui ne sont pas au pouvoir actuellement, du jamais vu.  .Cela se vérifie dans les sondages, mais aussi depuis longtemps au niveau électoral : non seulement le parti sortant est toujours battu depuis 1981, mais on observe une montée régulière de l’abstention et du vote extrême.

 

3)      Au premier tour des présidentielles ), les abstentions représentent 15.3% des inscrits en 1965, 22.4% en 1969, 15.8% en 1974, 18.9% en 1981, 18.6% en 1988, 21.6% en 1995, 28.4% en 2002.

 

4)      Le vote blanc ou nul, peut être encore plus révélateur puisqu’il  s’agit de gens qui font l’effort de se déplacer pour venir marquer leur rejet global de la classe politique, toujours au 1er tour, est de 0.9% en 1965, 1.0% en 1969, 0.8% en 1974, 1.3% en 1981, 1.6% en 1988, 2.2% en 1995 et 3.4% en 2002, soit près d’un million de suffrages (997 262 exactement).

 

5)      Au premier tour de 2002, les 2 candidats d’extrême droite ont totalisés 19.2% des suffrages exprimés et les trois candidats trotskistes 10.4%. Le score nettement plus faible obtenu par les même forces aux législatives qui ont suivi montre qu’il ne s’agit pas d’un vote d’adhésion mais bien d’un vote protestataire.

 

6)      La côte de popularité extrêmement basse atteinte par le Président de la République et son premier ministre montre que la situation ne s’est pas améliorée depuis !

 

7)      La sous estimation historique du vote FN dans les sondages ne permet pas d’apprécier dans quelle mesure ce parti a profité des deux dernières crises sociales, mais on peut légitimement craindre le pire. L’état de santé de Jean Marie Le Pen diminue probablement sa capacité de nuisance. Mais s’il n’est pas présent en 2007 (il n’est pas sûr d’avoir 500 signatures, ce qui est par ailleurs un comble pour celui qui a été au deuxième tour en 2002 !).c’est un De Villiers « plus propre sur lui » qui peut rafler la mise.

 

8)      Les 10% atteints par les trotskistes confondues en avril 2002 démontrent que l’extrême gauche cristallise un vote contestataire, le programme officiel de ces partis étant au choix irréaliste ou un retour dans ce que le communisme a fait de pire. La campagne référendaire et la crise du CPE ont sans doute renforcé une nébuleuse alter mondialiste porteuse d’une négation de la réalité, d’un art du mensonge et de la manipulation, et d’un discours haineux qui n’ont rien a envié à l’extrême droite. 

 

9)      La division de cette extrême gauche et la multiplicité attendue des candidatures devraient nous éviter un deuxième tour De Villiers / Bové en 2007, en attendant un Marine le Pen / Olivier Besancenot en 2012

 

 

En résumé, les français sont de moins en moins satisfaits de leur système démocratique

 

 

Le diagnostic

 

1)      L’alternance observée à chaque élection depuis 1981 reflète plus le rejet du gouvernement sortant que l’adhésion au programme du gagnant. La pratique des promesses électorales mirifiques ne met pas le pouvoir en position de conduire les réformes nécessaires. Comment sortir du dilemme « pour être élu, il ne faut pas dire la vérité » mais « si on est élu sans la dire, on ne peut plus agir » ?. En tous cas, les promesses éternellement déçues me paraissent expliquer la baisse de la popularité des partis, la montée de l’abstention, du votre blanc et du vote extrême.

 

2)      Le souci prioritaire des élus est d’assurer leur réélection. La méthode consistant à « acheter » des voix avec les deniers de l’Etat a été pratiquée par J Chirac avant même d’être élu député pour la première fois en 1967. Depuis, le clientélisme a été érigé en système au niveau local (pensons à des Balkany, Mellick ou consorts) comme national. Evidemment, cela n’est pas très bon pour les équilibres financiers publics ! Par contre, toute réforme qui pourrait faire des vagues est repoussée à plus tard.

 

3)      Il faut bien comprendre qu’une réforme sérieuse met du temps à donner des fruits positifs : elle dérange plutôt à court terme. La logique clientéliste gangrène la dernière année (sinon les deux dernières) .avant les élection, pendant laquelle on ne peut agir que pour faire des cadeaux. L’année 2001 a été particulièrement créatrice dans ce domaine. Les douze prochains mois promettent d’être terribles. C’est ce constat qui a poussé Christian Blanc a demander le départ du Président en janvier.

 

4)      La longévité des élus est impressionnante. Manifestement, le métier conserve ! Si on regarde les députés, parmi les 20 premiers par ordre alphabétique, 2 ont été élus en 1978, 1 en 1981, 2 en 1986, 6 en 1993, 3 en 1997 et 6 en 1906. Evidemment, tous accumulent les mandats locaux. Mais un maire, un député qui en est à son 4ème ou 5ème mandat n’est évidemment pas porteur de vision d’avenir ! Et que dire d’un Président de la République qui fût premier ministre il y a 31 ans ? On a montré ici à quel point les idées des partis français pouvaient être ringardes. Cela vaut bien sûr aussi bien pour la droite que pour la gauche.

 

5)      Depuis 1974, les partis sont de plus en plus dirigés par des énarques. Ceux-ci ont été formés à penser « intervention de l’Etat » et ils ne semblent pas avoir la moindre idée, ni de la manière dont se passe la mise en œuvre de leurs décisions sur le terrain, ni de ce qu’est l’entreprise privée, ni de ce qui se passe chez nos voisins.

 

6)      Le flou des responsabilités entre niveaux administratifs d’une part, le cumul des mandats qui va avec d’autre part, ne donnent pas les moyens aux citoyens électeurs d’évaluer la performance de leurs élus.

 

 

En résumé, la désaffection des français pour les politiques s’explique par l’incapacité de ceux-ci à sortir de l’immobilisme pour traiter les problèmes. La longévité des responsables et le noyautage par les hauts fonctionnaires, le fonctionnement en microcosme coupé de la vie réelle expliquent cet immobilisme.

 

 

Les propositions

 

1)      l’interdiction du cumul des mandats est un impératif absolu. On peut cependant admettre qu’un mandat de conseiller municipal (ni adjoint, ni maire bien entendu) peut ne pas compter dans cette logique de cumul. Les élus pourront alors se consacrer à leur mandat plutôt que de brouiller les cartes.

 

2)      La clarification des responsabilités passe par la suppression de deux niveaux administratifs pour n’en garder que 3( local, régional et national), d’où la fin du département (ce que tout le monde sait) et de l’agglomération de communes (dirigée par des élus au deuxième degré). La contrepartie de cette deuxième suppression est le regroupement massif des communes. Il me semble que l’Allemagne a fait cela il y a 40 ans environ ! Une commune de moins de 10 000 habitants cela n’a pas grand sens, cette commune n’ayant pas de moyens d’agir. La proximité indispensable peut être assurée par l’équivalent des conseils de quartier. L’église a été obligée de regrouper ses paroisses. Serions nous encore plus immobiles que cette vénérable institution ?

 

3)      Une décentralisation massive devra rapprocher la décision du citoyen. Cela s’appelle la subsidiarité : pourquoi faire au niveau de la région ce qu’on peut faire au niveau de la commune, etc. ?

 

4)      Les mandats ne seront renouvelables qu’une fois, ce qui est bien suffisant pour mener des actions de fond

 

5)      Il faudra s’interroger sur la possibilité pour le premier ministre en exercice de se présenter à la présidentielle. Faut il aussi permettre deux mandats au Président de la république ? A 7 ans, la réponse aurait été évidente, à 5 je ne sais pas. Au Mexique, le mandat est de 6 ans, non renouvelable, aux USA de 4 ans, renouvelable une seule fois.

 

6)      Ces mesures doivent s’accompagner d’un statut de l’élu permettant une rémunération correcte et accompagnant le reclassement professionnel à la fin du mandat. Ce qui suppose qu’un fonctionnaire élu démissionne.

 

7)      L’utilisation de référendum aux divers échelons (local, régional et national) doit être renforcée et précisée.

 

 

Verel

 

par Générations Europe publié dans : Société et Démocratie
ajouter un commentaire commentaires (1)    créer un trackback recommander
Vendredi 28 avril 2006

Inéluctable…..ou discutable…. ?  Ce billet d’humeur quelque peu  provoquant  de Gilbert Veyret peut nourrir la polémique……ou tout simplement le débat.  

 

« Puisque ces phénomènes nous dépassent, feignons d’en être les organisateurs »

 

Jean Cocteau

 

  • L’évolution de notre démographie, l’ampleur de nos déficits sociaux rendent inéluctable l’allongement des périodes d’activités permettant de percevoir sa retraite, alors que les carrières stables sont de plus en plus courtes et inéluctable  la maîtrise des dépenses de santé, alors que les traitements efficaces sont de plus en plus coûteux. 
  • L’atonie du marché du travail, en particulier pour les jeunes, entraîne, de façon inéluctable, une précarisation de l’emploi qui doit bien se traduire par l’ajustement du droit du travail, faute de pouvoir y remédier.
  • Notre créativité insuffisante et le coût du travail en France rendent inéluctables les délocalisations d’activités.
  • Nos difficultés économiques et politiques à accueillir les immigrés qui cherchent du travail en France conduisent inéluctablement à des mesures répressives à l’encontre de ceux qui tentent malgré tout de venir chez nous, voire même de ceux qui y sont depuis plusieurs années.
  • L’usure de notre modèle d’intégration républicaine amène inéluctablement une certaine communautarisation de notre société.
  • L’absence d’espoirs d’insertion professionnelle et sociale d’une partie des jeunes de quartiers dits sensibles rend inéluctables des explosions périodiques d’émeutes plus destructrices que revendicatives.
  • Notre incapacité collective à réduire nos déficits budgétaires et sociaux nous condamne inéluctablement à réduire nos marges de manœuvre financières et nos capacités d’investissements préparant l’avenir.

 Il est effectivement difficile de contester sérieusement  chacune de ces  difficultés ou de trouver des solutions viables à ces constatations, je dirai même ces truismes, sans en avoir une perspective globale et à moyen terme.

 

 Leur conjonction, à ce moment de notre histoire et l’absence de projets collectifs nous permettant de dépasser ces contradictions, marque justement l’échec actuel du politique ou du moins son incapacité à envisager l’avenir au-delà des prochaines échéances électorales. Nous serions ainsi condamnés à cette spirale dépressive dans laquelle nous semblons nous complaire

 

Gouverner ne serait plus prévoir et choisir, mais organiser la débâcle sur « des positions prévues d’avance » selon la formule des généraux en déroute.

 

Dés lors, il est peut être aussi inéluctable que les prochaines élections voient à nouveau le succès  relatif des populistes et démagogues de tous bords, derrière le parti majoritaire, celui des abstentionnistes.

 

Gilbert Veyret

par Gilbert Veyret publié dans : la puissance publique en question
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Mercredi 26 avril 2006

Les élections de 2007 doivent être l’occasion de mettre en débat les attentes, les inquiétudes des français et les solutions à mettre en œuvre. Je propose ci-dessous 6 thèmes qui me paraissent prioritaires (c'est-à-dire que ce sont les plus importants et / ou qu’on ne peut résoudre les autres sans avoir résolu ceux là) et que je reprendrais un par un sur mon blog dans les semaines qui viennent. Je les formule sous forme de préoccupations et d’objectifs à atteindre.

1)      Les crises que notre pays connaît de plus en plus souvent (celles du CPE et des banlieues n’étant que les dernières d’une longue liste, voir ici). En fait, le pouvoir politique ne semble plus apte à traiter les problèmes et à contribuer à l’évolution de la société. L’objectif est de remettre en place une démocratie véritable et efficace.

2)      Le chômage massif depuis maintenant 25 ans. L’objectif doit être le plein emploi (en fait un chômage limité au chômage frictionnel, c'est-à-dire aux transitions courtes entre deux emplois.) , un emploi pour tous ceux qui le souhaitent. C’est possible puisque d’autres pays le font.

3)      La sécurité des biens et des personnes. La société française est de plus en plus une société éclatée où se développent le communautarisme et le repli sur soi. Cette situation et le chômage massif ( deux phénomènes liés bien sûr) se conjuguent pour rendre peu opérables les actions tant préventives que répressives. Il s’agit de construire la société apaisée et dynamique que nos concitoyens attendent, pour mieux vivre ensemble, une société qui ne laissera personne au bord de la route. Ce sera long. C’est pourquoi il faut démarrer tout de suite et surtout choisir les bons leviers d’action.

4)      La dette et l’avenir de nos systèmes de protection sociale. Le rapport Pébereau a mis noir sur blanc les inquiétudes que chacun ressentait. Mais en même temps, il a mis en avant les solutions possibles pour assurer l’avenir de notre protection sociale. Encore faut il les mettre en œuvre, alors que les partis politiques ne semblent pas pressés de s’approprier ces solutions.

5)      Les menaces de plus en plus fortes contre notre environnement (désordre climatique par exemple). Le respect de l’environnement, le développement durable posent des questions locales et mondiales, ce qui ne simplifie évidemment pas l’action.

6)      Les conflits à l’échelle planétaire, qu’ils soient ouverts (guerres) ou plus insidieux (terrorisme). La situation se crispe aujourd’hui avec le monde musulman. Les conflits persistent en Afrique ou dans l’ancienne URSS. Le risque d’un conflit majeur entre les deux super puissances de demain, les USA et la Chine ne peut qu’augmenter dans les décennies qui viennent. La aussi, comment construire un monde paisible ?

Comme on le voit, ces thèmes portent sur le moyen et le long terme. Mais la présidentielle n’est elle pas l’occasion de sortir la tête du guidon et de voir plus loin ?

Pensez vous que ces thèmes sont bien les thèmes prioritaires pour l’avenir de notre pays ?

Verel

par Verel publié dans : Vie politique
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus