L'association

 

Générations Europe s'est constitué en association et a désigné son bureau, constitué de

Marc d'Héré (Président), Martine Bidegain, Elisabeth Boyer, Maryline Lugosi, Gérard Bardier, Gabriel Cohn Bendit et Gilles Norroy

Parmi les premiers signataires de l'Appel:

Christian BLANC (Energies Démocrates), Jean Marie BOCKEL (Gauche Moderne, PS), Daniel COHN BENDIT(Verts), Philippe HERZOG (Confrontations),Bernard KOUCHNER (Réunir, PS) Corinne LEPAGE (CAP 21),Nicole NOTAT, Marielle de SARNEZ(UDF), Lionel STOLERU (MRG)

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Qui sommes nous ?

Nous sommes un réseau réformiste,  écologiste et européen, fondé par des responsables politiques issus de différents courants , qui ont fait le choix de partager leurs réflexions et de bâtir ensemble des propositions.

Cinq groupes de travail ont été lançés: Relations internationales (1), Développement durable et environnement( 2), Innovation, croissance, emploi (3), Société et démocratie (4), la puissance publique en question (5)

Nos interventions individuelles sur ce blog seront aussi le reflet de notre diversité. Elles n'engageront donc que leur auteur.Les textes communs seront signés GENERATIONS EUROPE

Dimanche 8 octobre 2006

Les militaires américains, et notamment les plus gradés, partent en guerre contre le Pentagone. Alors que les Américains eux-mêmes sont à aujourd’hui 60% à trouver que la guerre en Irak est une erreur, alors que les mouvements anti-guerre multiplient les prises de parole et les manifestations, c’est de l’armée même que sont venues les charges les plus virulentes. C’est le cas de deux généraux qui ont dirigé des opérations en Irak et qui ont volontairement interrompu leur carrière pour se joindre à la contestation publique. Ils dénoncent cette guerre, non pas à cause des conditions de combat des troupes sur le terrain, mais à cause de ce qu’ils nomment le commandement « arrogant et délinquant » du Pentagone. Le Secrétaire à la Défense, Donald Rumsfeld, disent-ils, « n’a pas été un dirigeant de guerre compétent », il a commis « des erreurs stratégiques lamentables» qui se sont traduites « par les morts inutiles de militaires américains, de nos alliés et du peuple irakien lui même » ». Rumsfeld « a rejeté toute contestation honnête » et « n’a pas dit la vérité au peuple américain par crainte de perdre son soutien pour la guerre. »

 

« La seule question est de savoir si une guerre sert l’intérêt national » déclare un autre général trois étoiles à la retraite, « ce n’est pas le cas de la guerre d’Irak »

 

Un lieutenant-général à la retraite définit la guerre d’Irak comme « la pire erreur stratégique dans l’histoire des Etats-Unis » et dresse un triste parallèle avec la guerre du Vietnam. Il remarque que la stratégie américaine en Irak, comme déjà au Vietnam, a servi quasi exclusivement les intérêts de ses ennemis.

 

« J’ai pris ma retraite quatre mois avant le début de la guerre d’Irak en partie à cause de mon opposition à ceux qui ont utilisé la tragédie du 11 septembre pour détourner notre sécurité publique » écrit un lieutenant général des Marines dans Time Magasine. Il déclare la guerre d’Irak « inutile » et affirme que les civils qui l’ont lancée ont agi avec « une désinvolture et une arrogance » qui sont « la spécialité de ceux qui n’ont jamais senti l’odeur de la mort sur un champ de bataille. »

 

Le fait que tant de généraux à la retraite s’expriment ouvertement contre la guerre et contre Rumsfeld lui-même, et le font y compris devant le prestigieux Conseil des Relations Étrangères de New York, reflète bien la profondeur et l’intensité de la contestation des militaires. La hiérarchie militaire en service, quant à elle ne se révoltera pas ouvertement « Nous ne sommes pas les Généraux Français en Algérie » dit l’un d’eux. « Mais nous savons fort bien que la guerre d’Irak que nous avons gagnée militairement est en train d’être perdue politiquement ».

 

Il faut rapprocher cette contestation de l’initiative prise par l’armée de réécrire entièrement les manuels de combat pour les troupes. Il s’agit d’abandonner les méthodes héritées de la guerre froide basées sur la supériorité aérienne et la capacité d’écraser une armée adverse. Au lieu de cela on enseigne aujourd’hui des méthodes de maintien de la paix et l’accent est mis sur la protection de la population civile, indispensable pour assurer la sécurité de tous. On y trouve de nombreuses leçons héritées des guerres d’Irak et d’Afghanistan, entre autres la mise en cause des bunkers où se terrent les troupes. « Plus on se protège en s’isolant, peut-on y lire, et plus on est en danger »

 

Si l’on ajoute à cela le conflit qui a opposé au Congrès  les partisans du Président Bush à un groupe de sénateurs républicains tous anciens combattants du Vietnam à propos de l’usage de la torture dans les interrogatoires de suspects impliqués dans des affaires de terrorisme, on mesure la méfiance et la  distance qui se sont installées entre les militaires, d’active ou à la retraite, qui aujourd’hui ont décidé que la guerre était une chose trop sérieuse pour être laissée aux civils.

 

par Dominique Dupuy publié dans : Relations Internationales
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Dimanche 8 octobre 2006

Depuis maintenant 5 mois, nous ne faisons plus vivre normalement le blog de générations Europe. Marc d’Héré était pris par le lancement d’IES et le blog correspondant, moi par mon propre blog et le lancement d’Energies 2007.

 

Malgré cette désaffection de notre part, nous constatons avec surprise que ce blog est toujours fréquenté : il aura encore eu environ 2500 visiteurs en septembre pour plus de 13 000 pages lues.

 

Par ailleurs, les médias, qui ne bruissent plus que de Ségolène et de Nicolas, vont sans doute nous infliger demain un regard monolithique sur les débats politiques. Le pari que nous avons fait à la naissance de Générations Europe de la possibilité de dialogue entre des personnes engagées de part et d’autre de la « frontière » droite gauche nous parait toujours nécessaire

 

Marc et moi avons donc décidé de relancer ce blog, en visant modestement un article par semaine. Nous avons contacté quelques autres personnes. Nous verrons bien si cela répond effectivement à un besoin, si quelques commentaires viennent nous encourager. Dominique Dupuy ouvrira le bal avec les réflexions que lui a apportées un voyage récent aux USA.

 

par Gérard Bardier publié dans : generationseurope
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Lundi 3 juillet 2006

Le Monde publie ce jour un point de vue commun de Christian Blanc, Jean Marie Bockel et Alain Lambert n que nous reproduisons ci dessous

Nous attendons vos réactions!

Par manque de lucidité et de courage politique, la puissance publique française a peu à peu perdu contact avec la modernité. La situation est aujourd’hui dégradée à un point tel que l’équipe dirigeante élue en 2007 sera investie d’une responsabilité historique. Si la France ne renoue pas avec le dynamisme, le processus d’unification de l’Europe sera stoppé et l’ambition européenne d’une société solidaire dans une économie de marché réduite à néant. Rien ne pourra alors contrebalancer l’hégémonie des Etats-Unis et de la Chine, avec des risques pour la paix dans le monde.

 

La tâche est immense et ne peut plus être repoussée, sauf à prendre le risque de voir  la France se désagréger dans des convulsions violentes. Mais la tâche est aussi délicate, elle ne pourra être menée à bien le moment venu que si elle a été bien préparée en amont. C’est pourquoi nous estimons que notre responsabilité d’élus est de mettre à profit l’année qui nous sépare des échéances électorales pour créer les conditions d’un sursaut collectif.

 

Dans ce but, nous avons décidé d’unir nos forces au sein d’un comité d’action pour la modernisation de la France. Cette démarche au dessus des partis politiques est rendue possible par un diagnostic partagé et des convictions identiques sur la méthode pour réformer.

Le diagnostic peut être résumé en trois points.

 

Premièrement l’économie française patine, elle ne profite pas du dynamisme mondial et gâche ses potentiels, ce qui se traduit pas une croissance molle.

 

Deuxièmement, rares sont les domaines d’intervention de la puissance publique qui n’ont pas besoin d’une refonte de leurs modes de fonctionnement. Education, solidarités, recherche… partout l’organisation est inadaptée. A tel point que même une augmentation des moyens ne permettrait pas de progrès sensibles.

 

Troisièmement, l’endettement de l’Etat a atteint un niveau insoutenable et fragilise notre édifice national. La dette est une contrainte qui impose que les réformes s’accompagnent d’une baisse globale de la dépense publique de l’ordre de 20%. Et ce au moment où un effort devra être consenti pour la recherche et l’enseignement supérieur. Mais cette contrainte peut aussi être une chance. En effet, éteindre un problème en distribuant des subsides n’est plus une option disponible : quand les caisses sont vides la démagogie et la lâcheté ne peuvent que s’effacer devant l’intelligence et le courage.

 

 

La méthode pour réformer repose sur trois fondamentaux.

 

D’abord, toute réforme doit s’appuyer sur une analyse lucide. Le scénario classique d’une élection présidentielle voit les candidats multiplier les promesses, avant que l’heureux élu ne commande un audit pour voir ce qu’il va être possible de tenir… Il faut inverser cette logique, les propositions des candidats doivent être basées sur un audit préalable. Pour 2007, le rapport Pébereau sur la dette publique constitue un tel audit.

 

Ensuite, on ne peut réformer que de façon globale et cohérente. La méthode des petits pas est vouée à l’échec car chaque petit pas se heurte à l’incompréhension – et donc aux résistances – des populations concernées. Tant et si bien que la succession de petits pas se termine par un piétinement inefficace, coûteux et démoralisant.

 

Enfin, il n’y a pas de réforme possible sans légitimité électorale. Seules les réformes clairement présentées pendant la campagne pourront être menées à bien.

 

Conséquence de ces trois fondamentaux, c’est en amont de la campagne électorale que se joue la modernisation de la France. Aussi, pour créer les conditions de la transformation sociale du pays, nous souhaitons rencontrer tous les acteurs de la définition d’un nouveau pacte social. Les différents syndicats, bien sûr, mais aussi le monde associatif et plus largement les corps constitués qui souhaitent jouer un rôle dans l’évolution du pays. Au terme de ces échanges, nous présenterons les grandes lignes d’un pacte social en prise avec le monde d’aujourd’hui, ainsi qu’une méthodologie pour le mettre en œuvre.

 

Ce « manifeste pour la modernisation » sera rendu public en janvier 2007, peu de temps avant que chacun des candidats à l’élection présidentielle ne dévoile la vision de la France qu’il propose aux Français. Né de discussions avec le mouvement social, le manifeste sera soumis à l’approbation des milliers d’élus locaux qui auront à jouer le rôle crucial de pédagogues pour que la France relève les défis qui l’attendent.

 


Notre démarche est fondée sur l’optimisme et la confiance dans l’aspiration des Français à une fraternité renouvelée. Selon nous, l’idée d’une France irréformable est non seulement un renoncement coupable, mais aussi un contresens historique. Au cours de notre histoire, il est souvent arrivé que des hommes et des femmes de bonne volonté mettent en commun leurs énergies pour initier les bouleversements qui ont permis à la France

de rayonner. Les derniers exemples remontent à 1946 et 1958. C’est d’une impulsion collective de cet ordre dont notre pays à aujourd’hui besoin pour que s’expriment tous ses potentiels de créativité et de solidarité. Nous savons que c’est indispensable, nous voulons prouver que c’est possible.


Christian Blanc, Député, Président d’Energies2007

Jean-Marie Bockel, Sénateur PS, ancien Ministre

Alain Lambert, Sénateur UMP, ancien Ministre

par Générations Europe publié dans : Vie politique
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